Une extension de la dette grecque se profile

le 18/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les grands argentiers européens évoquent l'hypothèse à mots de moins en moins couverts

Plus les démentis sont vifs, plus la perspective de restructuration «douce» de la dette grecque se précise. «Restructuration et 'reprofiling' sont 'off the table'», a dit Christine Lagarde après la réunion de l’Eurogroupe dans la nuit de lundi à mardi. Cependant le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker (photo) et surtout le secrétaire d’Etat allemand aux Finances Jörg Asmussen, qui participaient aux réunions du début de semaine à Bruxelles, se sont montrés plus nuancés. Le commissaire Olli Rehn juge lui aussi possible un «reprofilage».

«Une restructuration en grand n’est pas une option. Mais je n’exclurais pas définitivement une sorte de ‘reprofiling’», a dit Jean-Claude Juncker. Jörg Asmussen a, lui, évoqué un allongement de la maturité du papier grec sur une base volontaire. La restructuration est «un concept de base», a-t-il d’abord indiqué. Il peut inclure «différentes options»: allongement de maturité, modification du taux ou du coupon, et ceci d’une manière volontaire ou imposée. «C’est une matrice de possibilités», a-t-il dit. L’idée de «reprofiling» évoqué ces derniers jours concerne, selon lui, un «allongement volontaire des maturités de la dette existante sans affecter le taux et le coupon». Pour l’instant, les Européens ont touché uniquement à la maturité des prêts accordés par la Commission et les autres Etats européens depuis 2010.

S’agissant de la situation à Athènes, où la troïka européenne chargée d’apprécier la situation des finances publiques a prolongé sa mission d’une semaine, Jörg Asmussen a ajouté: «S’il s’avérait que la réalisation du programme grâce aux mesures supplémentaires demandées ne suffisait pas, alors il ne faudrait pas que le contribuable soit le seul à payer». Et d’évoquer «une participation privée sur une base volontaire». Les ministres ont pressé hier leur homologue George Papaconstantinou de hâter les privatisations. Le rapport définitif de la troïka est désormais attendu la semaine prochaine.

Parallèlement aux réflexions sur la situation grecque, les experts nationaux de la zone euro discutent des modalités théoriques d’une participation du secteur privé aux plans de sauvetages européens dans le cadre du futur Mécanisme européen de stabilité (MES) mis en place en 2013. Le projet de traité créant le MES a certes été validé lundi soir par l’Eurogroupe. Mais Jörg Asmussen a indiqué que certains points importants restaient à négocier s’agissant «de la participation du secteur privé» et des «clauses d’actions collectives». Si ces discussions aboutissent, sa ratification pourrait commencer au lendemain du Conseil des 23 et 24 juin.

A lire aussi