Le taux de défaut des émetteurs spéculatifs européens devrait remonter en 2012

le 05/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Passé sous la barre des 4% en 2010, il est attendu par S&P en hausse à 5,5%-7,5% fin 2012 à cause du défi du refinancement de certains LBO

L’année 2010 a été un bon millésime pour la dette high yield. A un tel point que S&P a observé une chute substantielle en 2010 du taux de défaut pour les émetteurs de la catégorie «spéculative», notés BB+ ou en dessous. La mesure est repassée sous sa tendance à long terme moyenne de 4% pour la première fois depuis le troisième trimestre 2008, à 3,8% fin décembre 2010 contre 13,6% en décembre 2009.

Cette amélioration a été nourrie entre autres par un contexte de taux d’intérêts bas et de rebond économique en zone euro alors que les nombreuses entreprises ayant réduit leurs coûts en  2009 ont vu leur bénéfice et leur cash flow disponible croître significativement.

Toutefois, l’agence s’attend à voir les établissements prêteurs porter plus d'attention aux questions de covenants, de refinancement et de bilan, plus particulièrement dans le cas des transactions à effet de levier réalisées entre 2006-2008, qui devront faire face au défi du refinancement. Prévoyant un environnement de crédit restrictif persistant en 2012-2013, S&P prévoit une vulnérabilité accrue des plus petits LBO peu performants. «Le financement de dette bancaire pour les crédits à effet de levier restera limité à long terme à cause de la hausse des charges en capital, des coûts de financement et la rareté du capital», souligne S&P. Les taux de défaut devrait rebondir dès le premier trimestre de l'an prochain pour osciller entre 5,5% et 7,5% fin 2012.

Au total, 28 sociétés, dont beaucoup venant des secteurs des médias et des loisirs, ont fait défaut l'an dernier, représentant un total de 18,1 milliards d’euros. L’exercice précédent, elles étaient 103 à être dans ce cas pour un montant de dette de 62,4 milliards. Sur la période allant de janvier 2008 à fin décembre 2010, le taux cumulé de défaut atteint 22,6% pour 171 sociétés et une dette de l’ordre de 113,1 milliards. Le taux cumulé pour les secteurs de la haute technologie, l’automobile, l’immobilier, les matériaux de construction et de détail dépasse les 30%, contre 9,7% pour la santé, et 4,5% le pétrole et gaz.

Par pays, le Royaume-Uni a enregistré un taux de défaut glissant sur 12 mois record de 4,9% en 2010, contre seulement 3% pour la France et l’Italie. Mais en cumul, les sociétés espagnoles et italiennes voient leur taux de défaut sur 2008-2010 s’élever à 38,8% et 31,1%, à comparer à 16,8% pour celles de l’Hexagone.

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