Les régulateurs jugent la « finance de l'ombre » étroitement liée aux banques

le 13/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le FSB a livré hier une définition du « shadow banking » en soulignant son degré d'interconnexion avec le secteur bancaire traditionnel

Au G20 Finance de Washington, la régulation bancaire sera à nouveau sur la table. Les ministres des Finances auront notamment en main la note publiée hier par le Conseil de stabilité financière (FSB) sur la finance de l’ombre ou shadow banking. Un secteur non régulé qui doit faire l’objet, à l’automne, de recommandations du FSB au G20.

Le Conseil de stabilité financière s’est surtout efforcé mardi de définir le shadow banking, à travers sa fonction économique. «Il s’agit d’un système d’intermédiation de crédit impliquant des entités et des activités hors du système bancaire régulier, et qui soulève des craintes de risque systémique – en particulier en termes de transformation de liquidité/maturité, de levier et de transfert de risque de crédit – et/ou d’arbitrage réglementaire», estime l’institution, qui rassemble ministres des Finances, banquiers centraux et autorités de marché.

En suivant cette définition, un fonds intervenant uniquement sur les actions ou le change serait exclu de la finance de l’ombre, contrairement à un hedge fund crédit. Les entités qui ne font pas partie de la chaîne d’intermédiation de crédit, mais qui la facilitent, sont, elles, comprises dans le shadow banking : le FSB évoque les agences de notation, ou encore les activités de rehaussement de crédit.

Au passage, le Conseil de stabilité insiste lourdement sur les liens entre banques et shadow banking. N’en déplaise aux premières, qui agitent l’épouvantail d’une montée en puissance du second en espérant ainsi éviter d’être trop régulées. Le risque d’arbitrage réglementaire, qui verrait les banques transférer une partie de leurs activités vers le secteur non régulé, est évident. Le FSB rappelle d’ailleurs l’exemple des conduits de financement hors bilan (ABCP). Mais le Conseil souligne aussi l’interconnexion des deux univers: «les banques font souvent partie d’une chaîne de shadow banking», soit qu’elles apportent leur soutien à certains maillons non régulés, soit qu’elles en souscrivent les produits.

Reste désormais à muscler la supervision du système, à la fois macro et microéconomique. Le FSB évoque quatre pistes: une régulation indirecte à travers les banques, une régulation directe par type d’acteur ou bien d’activité, et enfin des mesures macroprudentielles. Le Conseil fera ses premières recommandations lors de sa séance plénière de juillet, et les transmettra cet automne au G20.

A lire aussi