Le léger ralentissement de l’inflation incitera la BoE à rester accommodante

le 13/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

la hausse des prix est ressortie à 4 % en mars contre 4,4 % en février. Les taux nominaux britanniques restent inférieurs à l’inflation

La hausse des prix à la consommation s’est légèrement tassée en mars. Après avoir plafonné à 4,4 % en février, l’inflation a progressé de 4 % en mars, à un rythme inférieur aux attentes des économistes. L’inflation sous-jacente est quant à elle passée de 3,4 % à 3,2 %. Les prix alimentaires ont en effet baissé de 1,4 % sur un mois. Mais le prix du pétrole a progressé de 2,7 % par rapport à février et de 15,9 % à un rythme annuel.

Avec le ralentissement observé en mars, l’inflation stoppe sa dynamique haussière entamée en juillet 2010 outre-Manche. Malgré cette pause, l’inflation reste supérieure au rendement de la dette souveraine à dix ans, actuellement à 3,7 %, une situation qui perdure depuis août 2010. Pour les porteurs de Gilts d’une maturité inférieure ou égale à dix ans, les taux réels sont donc négatifs.

Or, l’inflation devrait encore rester à un niveau élevé, estiment les économistes. «Malheureusement, nous nous attendons à ce que ce ralentissement soit de courte durée et l’inflation va probablement reprendre sa trajectoire haussière sur les prochains mois, avec un indice des prix à la consommation se rapprochant de 5% d’ici la fin de l’année», estime Alan Clarke, économiste chez BNP Paribas.

Une situation qui sera suivie de près par la Banque d’Angleterre (BoE). «L’inflation est toujours trop élevée pour la BoE, et les anticipations d’inflation à court terme aussi», explique Richard Barwell, économiste chez Royal Bank of Scotland. Le Comité de politique monétaire estimait d’après les minutes de la réunion de la BoE du mois dernier qu’il existe une probabilité non négligeable que l’inflation dépasse 5% cette année. La banque centrale ne devrait pas pour autant relever ses taux rapidement, d’après les économistes. D’abord, le rythme de l’inflation ayant ralenti en mars, les chances qu’elle remonte ses taux dès le mois de mai se sont réduites. Ensuite, l’activité économique est encore faible. Les derniers indicateurs publiés, avant l’annonce du PIB pour le premier trimestre 2010 le 27 avril prochain, font apparaître «des risques de baisse importants et la consommation semble très faible», rappelle l’économiste de BNP Paribas dans une note d’hier. Or, «nous savons qu’un certain nombre de membres du Comité de politique monétaire, en particulier le gouverneur, sont réticents à relever les taux», ajoute-t-il.

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