L’économie française devrait continuer à résister aux chocs extérieurs

le 08/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré un tassement de la consommation, le dynamisme de la production manufacturière contribuerait à un acquis de croissance de 1,4 % à fin juin

Les mauvaises conditions climatiques qui ont perturbé en fin d’année dernière l’activité en Europe ont provoqué par contrecoup un rebond marqué de celle-ci au premier trimestre 2011, souligne l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Le secteur de la construction a ainsi bénéficié d’un effet de rattrapage, tandis que les exportations de la zone euro ont été soutenues par le redressement de la demande américaine.

En France, les enquêtes de conjoncture suggèrent «une nette accélération de la production manufacturière en début d’année», contribuant au raffermissement de l’investissement des entreprises. Si la consommation des ménages a profité en début d’année d’un effet de «traîne» de la prime à la casse (livraison de véhicules commandés avant fin décembre), la contribution de ce poste à la croissance deviendrait légèrement négative (-0,1%) au deuxième trimestre.

La hausse des cours des matières premières, qui s’est jusqu’ici peu diffusée aux prix à la consommation, amputera d’ici à l’été une partie des gains de pouvoir d’achat liés à la bonne tenue des revenus nominaux. «Le glissement annuel des prix s’établirait alors à 1,9% en juin 2011 après 1,8% en décembre 2010», estime l’organisme. Malgré un tertiaire marchand dynamique, le taux de chômage se stabiliserait à 9,1% d’ici fin juin, tempérant la hausse de l’inflation sous-jacente.

L’Insee table désormais sur une progression du PIB de 0,6% au premier trimestre 2011, deux fois plus élevée que celle anticipée fin 2010, laissant inchangée sa prévision de 0,4% au deuxième trimestre.«L’acquis de croissance à fin juin s’élèverait à 1,4%», précise Jean-François Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle, en ajoutant qu’une hausse du PIB de 0,7% est nécessaire sur chacun des deux derniers trimestres pour atteindre une croissance annuelle de 2%.

Les aléas entourant ce scénario sont nombreux. La catastrophe japonaise est susceptible d’entraîner des ruptures d’approvisionnement plus fortes que prévu dans certains secteurs, s’ajoutant à l’effet négatif lié au repli de la demande adressée à ses partenaires. Le niveau bas des stocks en France pourrait conduire à un restockage plus ample dans les mois à venir. Enfin, les resserrements budgétaires en Europe ou une aggravation des tensions sur les dettes souveraines pourraient générer «un surcroît d’attentisme de la part des ménages et des entreprises».

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