Une hausse allemande ?

le 07/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

On comprend que la BCE ait hâte de normaliser sa politique monétaire. Mais pour s’en tenir aux chiffres, le relèvement des taux ne va pas de soi. Même à 2,6% fin mars, l’inflation en zone euro demeure gérable, surtout considérée hors énergie et produits alimentaires. S’agissant des effets de second tour, on n’en voit nulle part la trace ni même la menace. Quant au profil conjoncturel de la zone euro, à la création monétaire ou à la production de crédits, ils n’appellent pas non plus une telle mesure. Au moment où les pays périphériques se débattent dans leurs difficultés, et que l’Espagne s’efforce de sortir de la zone dangereuse, doit-on leur faire prendre un risque supplémentaire ? Il est vrai que la BCE maintient sa politique non conventionnelle, mais quelle sera son efficacité dans ce nouveau contexte ? La seule raison vraiment cohérente du resserrement monétaire est ailleurs, et tient à la situation particulière de l’Allemagne. Son dynamisme économique ne devrait pas souffrir du relèvement annoncé, alors que sa Chancelière se trouve dans une posture difficile. Or l’Europe a plus que jamais besoin de son concours, sans compter que c’est d’elle que dépendra le choix du successeur de Jean-Claude Trichet. L’italien Mario Draghi tient la corde et l’occasion est belle d’administrer la preuve de son orthodoxie monétaire. De là à penser que cette hausse des taux est avant tout une « hausse allemande », il y a un pas qu’il est permis de franchir.

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