Le Brésil est prêt à accepter une appréciation modérée du real

le 07/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’extension de la taxe de 6% appliquée sur les crédits pris à l'étranger ne devrait pas compenser l'effet des hausses de taux sur la devise

Un jour après que le FMI a approuvé l’utilisation du contrôle des capitaux pour limiter les risques inflationnistes, le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, a annoncé cette nuit l’extension de la taxe de 6% appliquée sur les crédits pris par les banques et entreprises à l'étranger. Le délai sera désormais de deux ans, contre un an auparavant. Le but est de freiner l'entrée de dollars qui pousse le real à la hausse. La monnaie brésilienne est passée sous la barre symbolique des 1,60 pour la première fois depuis août 2008, avant de revenir à un niveau proche de 1,61 real pour un dollar après l’annonce des mesures. Le real a chuté de près de 40% en deux ans.

Mettant régulièrement en cause la politique monétaire ultra accommodante des Etats-Unis et la sous-évaluation du yuan, Guido Mantega explique que «le marché international dispose de beaucoup de liquidité, il existe beaucoup de crédits avec les politiques monétaires des Etats-Unis et de l'Europe. Il y a un excès de crédits bon marché». La présidente, Dilma Rousseff, doit se rendre en Chine la semaine prochaine pour une réunion des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), alors qu’elle subit une forte pression de la part du principal syndicat brésilien, l’Union générale des travailleurs, pour faire cesser les importations de produits chinois à bas prix.

La banque centrale brésilienne a indiqué que les entrées de capitaux dans le pays ont atteint 12,7 milliards de dollars en mars, contre 7,4 milliards en février. Ils se montent à un total de 36 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit 12 milliards de plus que pour l’ensemble de l’année dernière. Le Brésil devrait en outre attirer quelque 55 milliards en investissements directs étrangers cette année, notamment du fait de l’attractivité des ses taux d’intérêt. «Le Brésil est l’un des marchés au monde les plus attractifs grâce à ses taux d’intérêt» estime Alfredo Coutino, directeur de l’Amérique Latine chez Moody’s.

Alors qu’elle a relevé ses prévisions d'inflation pour 2011 à 5,6%, pour un objectif initial de 4,5%, la Banque centrale du Brésil devrait poursuivre le relèvement du taux Selic, à 11,75%. En poursuivant le resserrement de ses conditions monétaires, le Brésil fait clairement le choix d’accepter une appréciation du real modérée par les mesures de contrôle des capitaux, au profit de la lutte contre l’inflation.

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