M&G tire la sonnette d'alarme sur les obligations sécurisées

le 23/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société de gestion critique l'opacité de certaines dettes sécurisées par des MBS et appelle à la vigilance les investisseurs

«Toutes les obligations sécurisées ne se ressemblent pas et bien que certaines soient exceptionnellement solides, la structure opaque de beaucoup d’entre elles pourrait faire subir aux investisseurs des surprises désagréables». C’est ce qui ressort d’un communiqué de M&G Investment Management (M&G) publié hier. La société de gestion obligataire invite les investisseurs institutionnels, à la recherche de plus de sécurité lorsqu’ils prêtent à des institutions financières, à redoubler d'attention dans l'analyse de certains covered bonds.

M&G note que les actifs sous-jacents restent dans le bilan de la banque émettrice, donnant ainsi à cette dernière un degré de contrôle sur eux. «Dans certains cas, comme les titres émises par Ibercaja et Santander, les investisseurs auront à lutter pour rester à jour sur la nature réelle des actifs. Et dans d’autres cas, les actifs ne sont pas ce qu’ils semblent être», ajoute M&G. La société montre du doigt les obligations foncières émises par Dexia Municipal Agency. Celles-ci sont adossés à des actifs originés hors de France, dont des ABS (asset backed securities) belges, italiens et de la dette adossée à des prêts immobiliers espagnols.

Le CEBS, dans son rapport de février sur la titrisation, a indiqué qu’il y a quelques signes de nouvelles structures de covered bonds innovantes, comme celles adossées aux RMBS (titrisations de prêts résidentiels), qui peuvent être relativement opaques et difficiles à évaluer pour les investisseurs. Alors que les MBS sont éligibles en tant qu’actifs sous-jacents de covered bonds dans plusieurs pays, Bank of America/Merrill Lynch a observé un retour de ces dettes sécurisées par des MBS. En janvier et février, CIF Euromortgage et Intesa Sanpaolo ont émis ce genre de titres.

Le rappel de M&G IM intervient alors que le marché primaire des covered bonds a commencé 2011 sur les chapeaux de roue. Après avoir atteint 180 milliards d’euros en 2010, les émissions s'élèvent déjà à plus de 80 milliards en 2011, selon la société. Dans le même temps, de nombreuses juridictions accélèrent la modification de l’environnement réglementaire du marché des covered bonds, comme au Royaume-Uni et en Australie. Les Etats-Unis, eux, attendent toujours le feu vert officiel du Congrès. En France, les choses s’accélèrent notamment avec le décret qui permet de compléter le cadre réglementaire des nouvelles obligations à l'habitat.

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