L’ampleur des coûts de reconstruction va peser sur la dette japonaise

le 23/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement estime le coût de reconstruction entre 130 et 220 milliards d’euros selon le Nikkei. Un budget spécial pourrait être voté en avril

Le Japon est pris dans le piège de la trappe à dette. Le gouvernement estime le coût des dommages engendrés par le tremblement de terre et le séisme entre 15.000 et 25.000 milliards de yens (130 et 220 milliards d’euros), soit jusqu'à 6% du PIB japonais. Cette estimation devrait être présentée aujourd'hui même par le ministre de l'Economie, Kaoru Yosano, lors d'une réunion ministérielle, selon le quotidien Nikkei. Une estimation plus pessimiste que celle de 86 à 165 milliards d'euros réalisée par la Banque Mondiale. Le tremblement de terre de Kobé avait engendré une facture de 100 milliards de dollars. Le gouvernement devrait s'appuyer sur ce chiffrage pour mettre au point un budget extraordinaire afin de financer la reconstruction.

«La question la plus importante qui reste en suspens réside dans l’ampleur du plan qui sera annoncé et comment il sera financé» estime BNP Paribas. Le premier ministre avait eu toutes les peines du monde à faire accepter par le parlement les maigres coupes prévues dans le budget 2011 avant le tremblement de terre. Pour le moment, le gouvernement a annoncé qu’il comptait utiliser les 200 milliards de yens disponibles dans le budget 2010 qui s’achève fin mars. Durant le tremblement de terre de Kobé, il avait fallu 40 jours au gouvernement pour annoncer un plan spécial de 3.200 milliards de yens. A l’époque, les finances publiques étaient néanmoins en meilleur état. Fin 1994, le déficit public se montait à 80% du PIB, contre près de 200% aujourd’hui.

«Le budget supplémentaire pourrait atteindre un montant initial de 10.000 milliards de dollars» selon BNP Paribas, alors que le Crédit Agricole estime que le gouvernement devrait «voter dès avril un budget spécial reconstruction pour un montant total qui pourrait aller jusqu'à 15.000 milliards de yens». Quant au financement, BNP Paribas table sur une monétisation d’une partie du déficit, mais pour ne pas perdre la confiance des marchés et ne pas mettre sa notation en péril, cette solution devrait «s’accompagner d’un plan de consolidation budgétaire réaliste à moyen terme», avec une hausse de la TVA, actuellement à seulement 5%. Jusqu’à présent, le maintien de taux d’intérêt à un niveau très faible permettait à l’Etat japonais de limiter l’impact du service de la dette dans l’économie. Une remontée des taux pourrait faire exploser le poids de la dette.

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