La volatilité des marchés gèle nombre de projets d’IPO

le 21/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Apollo Global Management, ISS ou Canal+ France ont dû repousser leur mise sur le marché à cause du contrecoup du séisme japonais

La crise nucléaire au Japon et le contexte tendu au Moyen-Orient ont forcé nombre de sociétés à retirer ou à repousser leurs projets d’introduction en Bourse cette semaine, craignant que la baisse des marchés et la frilosité des investisseurs ne pèsent sur les niveaux de valorisation. Bloomberg rapporte ainsi que 38 projets de cotation ont été annoncés cette semaine mais que dans le même temps six ont été annulés ou reportés, contre seulement deux sur la même période l’année dernière.

Au lendemain de l'annonce du report de l’IPO de Canal+ France, ISS a repoussé son entrée à la cote, en raison des conditions de marché. L’entrée à la cote du géant danois de la propreté, détenu par Goldman Sachs Capital Partners et par EQT Partners AB, prévue pour vendredi faisait valeur de test du marché primaire. Avec un montant prévu de quelque 2,5 milliards de dollars, la société devait réaliser l'introduction la plus importante en Europe cette année et la plus grosse au Danemark depuis plus de seize ans. Quelques jours auparavant, la presse évoquait un carnet d'ordres intégralement couvert, même si la société avait abaissé de 19% le point haut de sa fourchette indicative en raison des effets sur le marché du séisme japonais.

Les marchés asiatiques ont également été touchés par cette vague de frilosité. La société de conseil chinoise, Global Market Group avait déjà repoussé son entrée en Bourse prévue jeudi sur le marché américain de 143 millions de dollars, à l’instar de Qihoo 360 Technology. Le fabricant de médicaments japonais, RaQualia Pharma, avait fait de même, alors qu’Apollo Global Management repoussait le même jour l’annonce des conditions de la cession de ses actions.

Sur le marché français, Saint-Gobain pourrait également être contraint à son tour de repousser la mise en bourse du capital de sa filiale Verallia. En effet, s’il a confirmé son intention de sortir progressivement du deuxième plus important producteur mondial d'emballage en verre, le PDG du groupe français, Pierre-André de Chalendar, a précisé vendredi qu'il souhaite «bien valoriser cette activité», ce que ne permet pas forcément le marché aujourd'hui. Les analystes valorisent aujourd’hui Verallia à environ 4 milliards d'euros.

La poursuite de l’incertitude sur les marchés pourrait compromettre les six opérations prévue au premier semestre par Nyse-Euronext sur le marché réglementé parisien. Celui-ci n'a pas enregistré d'introduction significative depuis Medica en février 2010.

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