La méthode des stress tests européens peine à convaincre

le 21/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mais l’ABE publiera pour la première fois l’exposition de chaque banque aux différentes dettes souveraines par maturité et par portefeuille

Pour ses deuxièmes stress tests bancaires publics, l’Europe fait certes mieux que l’an dernier, mais peine toujours à convaincre les observateurs de la rigueur de sa méthode suite à la publication en fin de semaine dernière des critères des nouveaux tests. D’abord, le ratio qui déterminera la qualification des banques n’est pas encore clairement fixé. La nouvelle Autorité bancaire européenne (ABE) a bien indiqué qu’elle avait sélectionné le core tier one mais elle doit encore préciser la définition qui sera utilisée par l’ensemble des régulateurs nationaux européens pour procéder aux tests. Le ratio «ne sera pas aussi restrictif que le common equity tier one (fonds propres constitués par les actions ordinaires, ndlr) établi dans Bâle 3, estime le bureau de recherche CreditSights. Surtout, le niveau à atteindre n’est pas encore fixé», regrette-t-il.

Ensuite, la liste des banques qui seront soumises aux stress tests, qui n’est pas encore dévoilée, ne devrait pas beaucoup changer par rapport à 2010. «Sur ce point, il n’y a pas de progrès», observe Jean-Louis Mullenbach, associé du cabinet d'audit Bellot Mullenbach et Associés. Les banques moyennes, notamment les banques régionales allemandes, qui avaient échappé aux stress tests de juillet dernier, alors que ce sont souvent les plus en difficulté, ne devraient pas non plus être testées cette année.»

La publication de la documentation en fin de semaine dernière fournit cependant un élément positif. L’ABE publiera l’intégralité de l’exposition de chaque banque à la dette souveraine par pays, par maturité et par type de portefeuille. En particulier, le poids des titres souverains détenus jusqu’à maturité, dans le portefeuille bancaire non testé, sera précisé. «C’est une bonne nouvelle, explique Jean-Louis Mullenbach. Ces informations vont donner une vision précise de la situation de chaque banque.»

Du coup, même si le portefeuille bancaire n’est pas testé dans un scénario de crise car l’hypothèse d’un défaut souverain est en contradiction avec les principes européens, l’exposition du portefeuille à la dette souveraine sera connue. Ce qui fait dire aux analystes de CreditSights que les critiques sur les choix politiques sont une perte de temps et que les observateurs devraient plutôt utiliser leur énergie pour calculer leurs propres scénarios de pertes à partir des données des prochains stress tests.

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