L'idée d'une hausse des taux de la BCE en avril résiste au désastre nippon

le 21/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le marché anticipe toujours un relèvement de 25 pb du refi à 1,25 % en avril, mais voit désormais le taux à 1,50 % fin 2011 contre 1,75 % avant le séisme

A la suite du désastre nippon, le marché a ajusté son scénario sur la politique de taux de la BCE. «La catastrophe japonaise a eu un impact sur les anticipations de hausse de taux d’ici à fin 2011. Après la réunion de mars de la BCE, elles tablaient sur un refi à 1,75% fin décembre. Vendredi, le taux n’était plus attendu qu’à 1,46%», explique Cyril Regnat, stratégiste taux chez Natixis. Deux hausses de 25 pb sont attendues, contre trois auparavant.

Mais le marché ne croit pas que la BCE renoncera en avril à la hausse des taux évoquée en mars. D’après UniCredit, les indices PMI de mars et l’Ifo allemand seront publiés trop tôt pour refléter les tensions actuelles et n’enverront pas de messages amenant la BCE à rester en pause en avril. «Ce qui importe le plus est l’impact sur la confiance des marchés, note la banque italienne. Si d’ici à la réunion d’avril les prix des actions restent sous pression intense et la volatilité élevée, la BCE pourrait avoir à reconsidérer sa position sur les taux».

Un relèvement de 25 pb du refi à 1,25% en avril est le principal scénario. Selon Bank of America/Merrill Lynch, dans l'hypothèse que le surplus de liquidité reste stable d'ici à la période de maintenance des réserves du 13 avril au 11 mai, le marché parie sur un resserrement le mois prochain. L’Eonia, qui se maintient à 0,70%, est anticipé d'ici au 13 avril à 0,95%, contre 1% avant le désastre nippon. ««Les événements au Japon et en Libye ne devraient quasiment pas impacter l’activité de la zone euro où l’inflation devrait ressortir à 2,5% en mars, sous l’effet de la flambée des prix pétroliers, après 2,4% en février. La BCE devrait relever ses taux en avril, faire une pause en mai pour voir les effets de son geste, puis augmenter de nouveau ses taux en juin», ajoute Cyril Regnat.

D'ailleurs, la banque centrale a choisi un discours de précaution. «Nous allons beaucoup réfléchir aux conséquences économiques du séisme au Japon», a indiqué vendredi Jean-Claude Trichet, son président. Deux jours plus tôt, le Finlandais Erkki Liikanen, membre du conseil des gouverneurs, estimait qu'il était «encore trop tôt pour savoir quel impact aura le séisme japonais sur les décisions que prendra la BCE dans les mois à venir». Selon lui, la situation en zone euro reste fondamentalement la même, avec un risque supposé de hausse de l'inflation nourrie par les prix de l'énergie.

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