Le G7 travaille à la stabilisation du yen

le 21/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Suite à l'intervention des banques centrales vendredi, le dollar/yen a flirté avec les 82

Vendredi, les pays du G7 ont réussi, par leur première intervention coordonnée depuis 2000 sur le marché des changes, à faire remonter le dollar/yen au-dessus du seuil psychologique des 80. La parité, qui avait touché un plancher de 76,25 jeudi, a rebondi le lendemain à un plus haut de 81,99. La volatilité à 3 mois de la parité est passée d’un jour sur l’autre de 17,55% à 12,89%. Alors que les fonds exposés au change ont effacé leur gain de l’année, le marché s'interroge sur d'autres interventions.

Plutôt que de laisser le Japon gérer seul l’envolée historique du yen face au dollar, forcement douloureuse pour une économie déjà affaiblie par la catastrophe, les banques centrales du G7 ont employé la manière forte. Le montant des ventes de yens par la Banque du Japon (BoJ) selon les sources de marchés aurait au moins atteint les 2.100 milliards de yens (25,9 milliards de dollars au cours de vendredi) réalisés lors de son intervention isolée de septembre 2010. Selon Nomura Securities, l'intervention de la BCE serait estimée à environ 5 milliards d'euros. La Fed, les Banques centrales d’Angleterre, du Canada, de France et d’Allemagne ont rejoint le mouvement concerté en vendant de la devise japonaise.

La stabilisation de la monnaie asiatique apparait être l’enjeu principal de l'action de concert. La devise reste sensible aux variations de l’appétit pour le risque, ainsi que l’incertitude autour des centrales nucléaires, qui nourrit la volatilité. «L’un des objectifs de l’intervention de vendredi pourrait être d’acheter du temps pour permettre à la situation nucléaire de se stabiliser», estime HSBC. La nette baisse de la volatilité vendredi est un signal positif sur ce point.

Toutefois, l’intervention historique de vendredi ne concerne que la journée du 18 mars. Selon Natixis, contrairement à l’action isolée de la BoJ en septembre dernier, cette action concertée des grandes banques centrales devrait permettre au yen de se stabiliser «si les interventions du G7 persistent». Celles-ci «pourraient permettre au dollar/yen de progresser au mieux jusqu’à 83, mais la tendance de fond reste à la baisse, remarque la banque française. On peut penser qu’à la moindre occasion, le dollar/yen reviendra tester son récent plus bas de 76 dans les prochaines semaines». D’après Crédit Agricole CIB, l’étude annuelle du bureau du Cabinet publiée en mars a révélé qu'un dollar/yen au-dessous des 86,30 était douloureux pour l'économie. Aux yeux d’UniCredit, l'intervention ne renversera pas la solidité sous-jacente du yen, et la banque italienne estime extrêmement élevée la probabilité de nouvelles actions coordonnées.

Toutes les banques centrales du G7 en ont-elles les moyens ? Les réserves déclarées en yen dans les pays avancés s’établissent autour de 11.000 milliards de yens, ou 127 milliards de dollars, soit 5% des 2.700 milliards de dollars de réserves totales (hors Chine, donc), selon Citi. Si le Japon désire poursuivre l’intervention de manière constante sur le dollar/yen comme en 2003-2004, ses partenaires ne seraient pas capables de suivre et devraient agir en tant qu’agents de la BoJ plutôt que pour leur propre compte.

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