Les prix à la production suivent ceux des matières premières dans la zone euro

le 03/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Cette progression, très forte dans le secteur de l’énergie, devrait conduire la BCE à adopter un ton plus restrictif

La dernière publication des prix à la production industrielle a fourni une nouvelle preuve des répercussions de la hausse des cours des matières premières dans la zone euro. Ces prix ont progressé de 1,5% sur un mois en janvier et de 6,1% sur un an, a annoncé hier Eurostat. Pour retrouver un rythme de hausse aussi important, il faut revenir à... septembre 2008.

En cause, la hausse des prix du secteur de l’énergie qui ont grimpé de 12,5% dans la zone euro, contre 11,2% en décembre et 8,8% en novembre 2010. Hors énergie, les prix à la production ont avancé de 3,9% sur un an en janvier.

L’avancée des prix à la production industrielle a de bonnes chances de se confirmer dans les mois à venir. D’après l’indice PMI des directeurs d’achat pour l’industrie manufacturière, les taux de croissance des prix de vente et des prix des achats ont atteint des niveaux records en février. Les prix de vente des fabricants progressent ainsi à un rythme record, ou quasi record, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche, en Allemagne et en Irlande, a précisé Markit qui publie cet indicateur en début de semaine.

Or, les entreprises entendent répercuter cette hausse sur les consommateurs finaux. «Les entreprises améliorent leur pricing power et prévoient d’augmenter leurs prix de vente dans les prochains mois», rappelle Peter Vanden Houte, chef économiste pour la Belgique d’ING qui se base sur le dernier indicateur du climat économique publié par la Commission européenne. Le cimentier Holcim a par exemple expliqué hier qu’il entendait répercuter la hausse de ses coûts de production sur les prix.

Par ricochet, l’évolution des prix à la consommation devrait donc rester au-dessus de l’objectif de la BCE à moyen terme. L’inflation est ressortie à 2,3% dans la zone euro en février. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, pourrait dans ce contexte adopter un ton plus restrictif lors de sa conférence de presse mensuelle qui aura lieu cet après-midi sans pour autant modifier le taux directeur, estime Fabio Fois, économiste chez Barclays Capital. De fait, la crise de la dette n’est pas encore résolue et les nouveaux stress tests n’ont pas encore été menés à bien. Les spécialistes s’attendent plutôt à une première hausse des taux au quatrième trimestre 2011. 

prix à la production en zone euro
ZOOM
prix à la production en zone euro

A lire aussi