L’arrivée de Verena Ross à l'Esma constitue un second coup dur pour l’AMF

le 24/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le superviseur français n'a pu faire élire son candidat à la direction de l'Autorité européenne des marchés, ni dans son comité de gestion

Les luttes d’influence des nations dans les institutions européennes se dénouent habituellement de façon plutôt feutrée. L’élection mardi de Verena Ross au poste de directeur exécutif de l’Esma, l’Autorité européenne des marchés basée à Paris, fait exception. Le ministre des Finances britannique George Osborne a ainsi admis publiquement qu’il avait appuyé la candidature de la directrice internationale de la Financial Services Authority (FSA) lors de deux conseils Ecofin. Il aurait même appelé personnellement chacun de ses vingt-six confrères pour les convaincre de soutenir sa candidate.

Verena Ross a été choisie parmi trois candidats proposés par la Commission européenne lors d’un vote du comité des superviseurs de l’Esma, où chaque pays de l’Union, représenté par son autorité nationale de surveillance des marchés, dispose d’une voix. Cette Allemande a commencé sa carrière comme économiste à la Banque d’Angleterre et a la réputation de disposer d’un large carnet d’adresses international.

De sources au fait du dossier, le commissaire en charge des Services financiers, Michel Barnier, avait placé en tête de la «short list» de trois noms soumise au comité des superviseurs la chef de l’unité marchés de titres Maria Velentza, mais les superviseurs nationaux voyaient d’un mauvais œil l’arrivée d’une fonctionnaire de la Commission au sein de la nouvelle autorité.

L’élection de Verena Ross a été accueillie avec soulagement à la City. «Cela présage bien de l’équilibre futur entre l’amélioration de la réglementation et la fonctionnalité du marché», a commenté Anthony Belchambers, le directeur exécutif de la Futures and Options Association, après le vote.

C’est en revanche un nouveau coup dur pour l’Autorité des marchés financiers qui présentait le troisième candidat, Xavier Tessier. Le mois dernier, son président Jean-Pierre Jouyet s’était présenté, sans succès, au comité de gestion (management board), lui aussi désigné par le conseil des superviseurs. Cet organe fort de six membres élus - et où siègent également la Commission européenne, le président et le directeur exécutif - est chargé de préparer le programme de travail pluriannuel ainsi que des questions de budget et de personnel.

L’Autorité des banques (EBA) doit élire son directeur exécutif le 2 mars, l’Autorité des assurances et des retraites professionnelles dès ce vendredi, toujours selon la même procédure.

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