Le camp des partisans d'une hausse des taux au sein de la Banque d'Angleterre s'agrandit

le 24/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le chef économiste de la BoE, Spencer Dale, a rejoint Martin Weale qui est en faveur d'une hausse de taux de 25 pb, contre 50 pb pour Andrew Sentance

La divergence au sein de la Banque d’Angleterre (BoE) s'accroît. Une semaine après un Rapport d’inflation prévoyant une hausse des prix outre-Manche entre 4 et 5% à moyen terme, les minutes des réunions des 9 et 10 février de la BoE publiées hier sont éloquentes. Elles montrent que son chef économiste, Spencer Dale, s'est rallié à Andrew Sentance et Martin Weale, les fervents partisans d’un relèvement de taux. Preuve que les banquiers centraux sont plus que jamais partagés sur les perspectives inflationnistes.

De fait, les six autres membres de la BoE ont voté en faveur du maintien des taux à 0,50%, avec des vues différentes sur l’éventualité d’un risque accru concernant la matérialisation d’une hausse des anticipations d’inflation. Toutefois, certains défenseurs du statu quo ont précisé que le scénario d’une hausse de taux s’est fortement renforcé, mais qu’il était préférable d’attendre de voir comment l’économie évoluera au début 2011 afin de vérifier si le déclin de 0,5% au dernier trimestre 2010 annonce ou pas une faiblesse économique soutenue.

Les perspectives de croissance restant incertaines, deux des trois dissidents défendent l’idée d’une hausse de 25 pb, contre 50 pb pour le troisième, Andrew Sentance, plus radical. Ce dernier a remarqué qu’il y avait plus de preuves d'entreprises capables de répercuter les hausses de coûts sur leurs prix. Et selon lui, la demande domestique nominale s’est accrue, pendant un moment, à un rythme proche de ses plus hauts d’avant-récession. Dans ce contexte, il serait plus que probable que l’inflation dépasse sa cible à moyen terme.

Pour BNP Paribas, les minutes vont «dans le sens d’un premier geste de hausse n’intervenant qu’après la publication de la première estimation du PIB au premier trimestre (fin avril)». ING juge peu probable une hausse avant mai, date à laquelle la BoE publiera ses nouvelles prévisions économiques. La banque, qui juge encore faibles la demande domestique et les pressions salariales sur l’inflation, soutient l’idée d’une hausse des taux plus lente et plus modeste qu'anticipé. A horizon 12 mois, le marché anticipe 86 pb de hausses. «Pour montrer qu’elle reste maître de l’inflation, la BoE devrait augmenter les taux très progressivement», ajoute Barclays, qui prévoit une hausse de 25 pb en mai, août, novembre et février. L'euro/livre et les taux britanniques à 10 ans sont restés, hier, stables dans l'ordre à 0,8484 et 3,66%.

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