Angela Merkel ouvre la porte à un prolongement de l’aide à la Grèce

le 24/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un report au-delà de 2013 du remboursement des prêts accordés par les pays européens sera discuté lors du sommet des 24 et 25 mars prochains

La Grèce devrait réussir à obtenir plus de temps pour rembourser l’aide européenne. A l’occasion de la visite du Premier ministre grec George Papandréou à Berlin, la Chancelière allemande Angela Merkel s’est dit prête à discuter d’une extension de la maturité du dispositif de 110 milliards d’euros mis en place avec le FMI en mai 2010.

L’aide à la Grèce s’étend sur trois ans alors que le plan pour l’Irlande a été établi sur sept ans, a rappelé Angela Merkel. Un alignement de la maturité de l’aide grecque sur celle du dispositif irlandais avait été évoqué depuis la mise en place de ce dernier en novembre 2010, mais c’est la première fois que l’Allemagne, premier contributeur au plan de soutien à la Grèce, s’exprime clairement sur le sujet. En concédant cette extension, Angela Merkel souhaiterait éviter un défaut ou une restructuration de la dette grecque bilatérale, tout en ménageant ses contribuables et électeurs. «Nous rembourserons le plan d’aide et les intérêts», a assuré George Papandreou mardi dernier.

L’extension de maturité ne se fera pas toutefois pas sans contrepartie. Angela Merkel a prié la Grèce d’en faire davantage en matière d’austérité et de réforme financière, reconnaissant quand même les efforts faits par le gouvernement «pour remettre la maison en ordre». En 2012, la dette publique de la Grèce devrait représenter 156% du produit intérieur brut, contre 127% en 2009.

Les modifications des caractéristiques du plan d’aide à la Grèce seront discutées à l’occasion du sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 24 et 25 mars prochains. Tout changement de ce dispositif doit être fait dans le cadre du paquet de mesures visant à créer le mécanisme permanent de soutien à la zone euro, a-t-elle précisé mardi soir. «Nous réfléchissons à cela. L’extension du plan grec peut seulement être décidée en lien avec toutes les autres mesures», a expliqué la chancelière.

Les discussions n’ont en revanche pas avancé sur un éventuel rachat de dette souveraine grecque par le Fonds européen de stabilité financière, malgré les appels de George Papandréou. «Les rachats devraient pouvoir être discutés, a-t-il déclaré mardi lors d’une conférence à l’université de Humboldt (Berlin). Nous avons besoin de tous les outils. Cela calmera les marchés». Il n’a pas non plus été entendu sur sa demande de réduction du taux d’intérêt du plan d’aide. Ce dernier s'élève à Euribor 3 mois + 350 pb, soit plus de 4,5%.

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