Les banquiers centraux donnent leur avis sur les déséquilibres mondiaux

le 21/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ben Bernanke a déclaré à Paris vendredi que les flux de capitaux représentent à nouveau des défis pour la stabilité financière

Déséquilibres mondiaux et stabilité financière sont au cœur de la Revue de stabilité financière de la Banque de France (BdF) présentée vendredi à Paris en présence des banquiers centraux du G20. Pour le président de la BdF, Christian Noyer, les déséquilibres nationaux accrus, le développement asymétrique financier entre pays et régions et la pénurie d’actifs sûrs ont favorisé ces déséquilibres et fragilisé le système financier. Il recommande de trouver des moyens de remédier à la volatilité des flux de capitaux internationaux, notamment par le recours à des outils macro-prudentiels.

«Les flux de capitaux représentent à nouveau des défis pour le système macroéconomique mondial et la stabilité financière», a déclaré Ben Bernanke, le président de la Fed. Pour avoir un système international plus équilibré à long terme, à ses yeux, «les pays avec des surplus commerciaux excessifs et non soutenables auront besoin de permettre aux taux de change de mieux refléter les fondamentaux des marchés et d’accroître leurs efforts visant à substituer la demande domestique pour les exportations». Alors qu’il n’a pas cité de pays, son homologue chinois, Zhou Xiaochuan, appelle à une réforme du système monétaire international pour prévenir une concentration excessive d'actifs étrangers dans une devise particulière. Selon lui, il faudrait au moins une décennie à la Chine pour qu'elle change son modèle basé sur les exportations.

Pour Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, les déséquilibres globaux menacent la soutenabilité de la reprise de la croissance globale. Jugeant impératif de rééquilibrer la demande mondiale, il souhaite un compromis relatif à la trajectoire réelle d’ajustement économique pour éviter les conséquences d’une évolution vers le protectionnisme et des mesures sur les taux de change. «Faute de quoi, au mieux il y aura une reprise mondiale faible, au pire les germes de la prochaine crise financière seront présents», a-t-il remarqué.

Afin de tirer les leçons de la crise, Jean-Claude Trichet, le président de BCE juge nécessaire d’approfondir la connaissance du fonctionnement des systèmes financiers et de leurs risques, ainsi que de l’innovation financière. Il propose de développer des instruments d’analyse pour les politiques relatives à la stabilité financière et au risque systémique lors de transitions entre périodes paisibles et périodes de crise.

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