L'ESM devra disposer de 500 milliards d'euros en 2013

le 15/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce montant, qui correspond à une capacité de prêt effective, sera soumis à révision tous les deux ans. Le FMI fera partie du mécanisme futur

Les ministres des Finances européens réunis hier à Bruxelles pour parler du Mécanisme de stabilisation de l'euro (ESM) avaient soigneusement aligné leur message: aussi longtemps que tout n’est pas décidé, rien n'est décidé, ont-ils entonné de concert. La réforme de la facilité de stabilisation de l’euro, celle du pacte de stabilité, le projet de pacte de compétitivité et la révision des conditions faites à la Grèce et à l’Irlande sont les pièces d’un seul puzzle qui doit être dévoilé les 24 et 25 mars par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept.

Les travaux sur le futur Mécanisme de stabilisation de l’euro, qui succèdera en 2013 à l’actuelle facilité, progressent néanmoins. «Nous avançons à un rythme satisfaisant. Nous nous sommes mis d’accord sur le volume du fonds, de 500 milliards d’euros», a indiqué hier le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, mandaté par le Conseil européen pour piloter les travaux sur l'ESM. Le montant, qui correspond à «une capacité de prêt effective» sera «soumis à révision tous les deux ans», a-t-il précisé, sans donner plus d’indication sur la structure de l‘ESM. D’après l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, cette somme pourrait comprendre une dotation en capital de 100 milliards d’euros, dont 20% apportés par Berlin. L’information n’a pas été confirmée hier.

Jean-Claude Juncker a également confirmé que le Fonds monétaire international «sera une partie du mécanisme futur» en sus des engagements des membres de la zone euro dans le cadre de l’ESM et d’éventuelles contributions volontaires d’autres pays non membres. Les ministres doivent se revoir le 14 mars et, possiblement, le 21 mars pour pouvoir achever leurs travaux avant le Conseil européen de printemps.

La convergence imaginée par Berlin avec son «pacte de compétitivité» sera, elle, au centre d’un conseil extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro le 11 mars. Elle continue à susciter des réserves, notamment parce qu’elle semble contourner les institutions communautaires. «Il faut agir dans le cadre de la loi et des institutions communes pour le rendre plus efficace», a rappelé hier le commissaires aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Cette proposition, accueillie avec réserve par de très nombreux pays, parasite les travaux sur la réforme du pacte de stabilité qui contient elle aussi un volet sur la convergence macroéconomique, estime-t-on à Bruxelles.

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