Le retrait d'Axel Weber relance la course à la présidence de la BCE

le 10/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon différentes sources bancaires, l’actuel président de la Bundesbank quitterait son poste avant la fin de son mandat pour rejoindre Deutsche Bank

Axel Weber renoncerait-il à la course à la présidence de la Banque centrale européenne ? Pour l’instant rien n’est officiel, mais selon des sources proches de la Bundesbank, son président ne briguera pas de second mandat et renoncerait par conséquent à la présidence de la BCE. La publication d’un communiqué annonçant son départ dès cet été aurait été stoppée à la dernière minute aujourd’hui, sur demande personnelle d’Angela Merkel. Son porte-parole a annoncé hier que la chancelière et Axel Weber avaient eu «une conversation téléphonique» en fin de matinée, mais au contenu «confidentiel».

Un retrait inopiné d'Axel Weber serait un affront pour la chancelière, estime-t-on dans les milieux financiers de Francfort, car elle priverait Berlin d’un candidat favori pour succéder le 1er novembre prochain à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE. «La chancellerie connaît les réticences à l’égard de la candidature d’Axel Weber chez certains de nos voisins, mais Angela Merkel était confiante dans sa capacité à imposer son candidat en fin de compte», explique un banquier d’affaires. Parmi les autres candidats au poste figure notamment le gouverneur de la Banque d’Italie Mario Draghi. La Bundesbank a refusé de commenter toute spéculation sur l’avenir de son président, indiquant simplement qu'il avait «signifié à des proches qu’il ne briguerait pas forcément un deuxième mandat à la tête de la banque centrale».

Le mandat actuel d’Axel Weber court jusqu’à fin mars 2012. Parallèlement des spéculations sont apparues sur un départ à la direction de Deutsche Bank. Il pourrait y prendre la succession de Josef Ackermann, dont le mandat arrive à expiration en mai 2013. Deutsche Bank refuse tout commentaire sur cette question.

Axel Weber, qui siège au conseil des gouverneurs de la BCE, passe pour un «faucon». L’an dernier il avait affiché ouvertement son opposition à la décision de la BCE de racheter des obligations d’Etats endettés de la zone euro, expliquant que ces transactions mettraient en danger la stabilité monétaire. Parmi les autres candidats potentiels allemands à la tête de la BCE figure désormais Klaus Regling, l’actuel président du Fonds européen de stabilité financière (EFSF). «Si Axel Weber quittait la Bundesbank pour un nouveau rôle, cela augmenterait considérablement, de notre point de vue, les chances de M. Regling pour succéder à M. Trichet», estiment les analystes de Barclays.

A lire aussi