La refonte du paysage des places boursières internationales est en marche

le 10/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les opérateurs attendent un geste de Nasdaq OMX, alors que le marché des matières premières et les places émergentes pourraient rebattre les cartes

Les annonces de fusions entre Deutsche Boerse (DB) et Nyse Euronext ainsi qu’entre le LSE et TMX risquent de faire tache d’huile. La grande concentration des places boursières internationales pourrait bien reprendre sa marche en avant, un temps interrompue par la crise financière, à présent que tout scénario de «double dip» semble écarté. Les investisseurs s’attendent à une refonte du paysage international, dans lequel les cartes entre les différents acteurs seront entièrement rebattues.

La création d'un poids lourd dans le secteur des dérivés, par le rapprochement entre DB et Nyse Euronext, réduit la place de ses rivales, notamment américaines telles que Nasdaq OMX et le CBOE. La fusion DB/Nyse Euronext donnerait naissance à une place abritant des sociétés pesant 28% du marché total, soit 15.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. En combinant l’International Securities Exchange détenu par DB et Nyse Arca Options et Nyse Amex Options, le nouvel ensemble prendrait une part de marché de 42%, contre 27,5% pour Nasdaq OMX et 26% pour le CBOE. Il y a 10 ans, ces deux dernières trustaient plus de 80% des volumes traités.

«On pourrait s’attendre à ce que le Nasdaq soit le prochain à bouger» estime Larry Tabb, fondateur de la société de conseil Tabb Group. Sa capitalisation boursière de plus de 5 milliards de dollars, et sa spécialisation dans les marchés actions caractérisés par une forte concurrence et de faibles marges en fait plus un acquéreur qu’une cible potentielle. Parmi les possibilités pour Nasdaq OMX, dont le titre a progressé de 6,7% mercredi : un rachat de la fusion LSE/TMX et une fusion entre Bats Europe et Chi-X Europe.

Les marchés voient le CBOE, dont le titre a gagné 4,3% mercredi, comme une cible potentielle, alors qu’un rachat de la part du CME est depuis longtemps évoqué. Pour le moment, le CME semble vouloir privilégier le versement de dividende ou le rachat d’actions plutôt qu’une stratégie de croissance externe. L’envolée du prix des matières premières pourrait aiguiser les ambitions de l’InterContinental Exchange, qui a déjà racheté le marché londonien, European Climate Exchange, l’année dernière pour 600 millions de dollars. Enfin, les velléités de croissance du marché de Singapour, SGX, prêt à mettre 7,8 milliards de dollars pour racheter l’australien ASX, montre que les pays émergents pourraient devenir le nouvel épicentre des places boursières internationales.

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