Le drainage de liquidités par l'Eurosystème agite de nouveau l'Eonia

le 10/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Eonia s'est tendu à 0,68 % mardi, contre 0,34 % lundi, les banques n’ayant demandé à la BCE que 156,7 milliards d'euros à 1 mois sur 213,7 milliards échus

L’Eonia a entamé le premier trimestre 2011 sous le signe de la volatilité. Après s'être envolé la semaine dernière à un record de 1,318%, le taux quotidien des dépôts interbancaires a flirté ce lundi avec les plus bas observés à la fin 2010 à 0,34% pour finalement se tendre à 0,68% mardi. Et il se tendra très probablement au-delà de 1% cette semaine. Ces mouvements assez violents sont nourris par le processus de maintenance des réserves obligatoires d'encours qui modifie l’appétit des banques pour les opérations de refinancement de la BCE.

La nouvelle tension de l’Eonia mardi s’explique par une nette réduction du surplus de liquidité au sein du système bancaire. «L’excédent qui s’élevait encore la semaine dernière autour des 97 milliards d’euros, s’est établi mercredi à 35 milliards auxquels il faudra retrancher 25 milliards d’éventuels dépôts journaliers à la BCE, soit un surplus de 10 milliards, précise un observateur, l’Eonia devrait ainsi atteindre 1,05%». «L’Eonia devrait se tendre depuis les niveaux actuellement très bas et se traiter dans une fourchette de 0,70-1.00% ces prochaines semaines», estime, pour sa part, UniCredit.

La journée de mardi a été clé dans cette dynamique de tassement du surplus, l’Eurosystème ayant absorbé, lors de deux appels d’offres rapides à 1 et 7 jours, dans l’ordre 76,5 et 158,6 milliards d’euros de liquidités au taux marginal de 0,95% et de 0,80%. De plus, dans le cadre de l’opération de refinancement principale hebdomadaire (MRO) de la BCE, les banques n’ont demandé que 156,7 milliards à un taux de 1% sur les 213,7 milliards arrivés à échéance, soit 57 milliards de fonds drainés du système. Au bout du compte, l’encours des opérations de refinancement de la BCE – hors rachats de dette souveraine - est passé de 535 à 376 milliards. Alors que les exigences de réserves liées à la période de maintenance allant du 19 janvier au 8 février 2011 s’établissaient à 212 milliards d’euros, la réduction de la liquidité s’est accompagnée par une baisse des dépôts des banques auprès de la BCE d’un pic de 137 milliards, lundi, à 57 milliards, mardi.

Le marché monétaire va continuer à vivre au jour le jour avec un taux Eonia aussi volatil, étant donné qu'une nouvelle période de maintenance des réserves a débuté hier.

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