La rotation sectorielle solidifie les fondations des bourses européennes

le 09/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Rarement on aura vu un changement aussi brutal dans les paris sectoriels des investisseurs sans que cela n’entraîne les marchés actions à la baisse

Les paris perdants en 2010 et plus particulièrement les secteurs des banques (-11,5% en 2010), de l’énergie (+0,2%), des assurances (+1,5%) et des télécommunications (+2,8%) sont aujourd’hui ceux qui ont les faveurs des investisseurs. Au contraire, les grands gagnants de l’année dernière, à savoir les secteurs cycliques (industrie, luxe, chimie, produits de base ou encore automobile) sont tous à la traîne, affichant des sous-performances importantes depuis le début de l’année 2011.

Dans la même logique, les indices de la zone euro fortement pénalisés en 2010 par la rémanence du spectre de la dette publique affectant les pays périphériques, connaissent aujourd’hui une dynamique particulièrement positive : l’Euro Stoxx 50 distance largement le Stoxx 50 (avec respectivement +8,5% contre +5,9%), grâce au fort rebond des marchés espagnol (+10,8% pour l’Ibex 35), italien (+12,9% pour le MIB) et français (+7,4% pour le CAC 40). Cette double rotation a entraîné une respiration sectorielle (cf. graphique), qui n’a toutefois pas tiré l’ensemble du marché actions vers le bas.

Ce phénomène peu courant solidifie les fondations des bourses européennes, qui devraient ainsi être en mesure de poursuivre leur hausse. D’autant plus qu’après un an de spéculation sur l’explosion de l’euro, l’éloignement de cette éventualité au cours des dernières semaines devrait provoquer une surperformance durable des marchés actions européens. Autre facteur positif, les tensions géopolitiques récentes (Tunisie, Egypte) n’ont eu qu’un faible impact sur les marchés actions, preuve supplémentaire de la dynamique positive dans laquelle les bourses, notamment de la zone euro, se sont installées.

Enfin, dans la configuration actuelle de marché que l’on peut considérer comme un «bull market» de court terme, nos études statistiques nous indiquent que la hausse des cours boursiers atteint en moyenne entre +18 et +20% sans connaître de consolidation de -5%. Or, depuis le point bas du 30 novembre dernier, la hausse n’atteint que +14,3%, ce qui nous laisse entrevoir un potentiel de hausse supplémentaire avant de redevenir prudent : nous restons en conséquence exposés aux marchés actions européens.

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