Les entreprises françaises hésitent à se laisser séduire par les fonds souverains

le 09/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un rapport de l'Institut de l’entreprise propose la création d’une « haute personnalité » rattachée au ministère de l’Economie pour faciliter les échanges

Les entreprises françaises doivent-elles accepter la présence des fonds souverains pour couvrir leurs besoins de financement ? Dans un rapport publié hier et dirigé par l’administrateur de Nyse-Euronext, Jean-François Théodore, l'Institut de l’entreprise plaide pour une «politique lucide d’attrait», un concept qui souligne l’ambivalence des acteurs français. Ceux-ci sont conscients du poids pris aujourd’hui par les fonds souverains, mais réticents dans le même temps à se réformer pour se rendre attractifs dans un contexte de forte concurrence internationale.

Les besoins de développement ainsi que les nouvelles règles Bâle 3 et Solvabilité 2 imposent aux entreprises françaises de trouver de nouveaux investisseurs de long terme. Or, le marché domestique ne dispose pas d’une profondeur suffisante pour satisfaire ces besoins du fait de la faiblesse des fonds de pension en France et d’une épargne drainée massivement vers le financement de la dette publique plutôt que vers les actions. Le FRR est doté de 33 milliards d’euros dont moins de la moitié est investie en actions alors que le Fonds stratégique d'investissement (FSI), doté de 20 milliards, «ne peut répondre seul aux besoins de capitaux longs des entreprises françaises» selon le rapport.

Fin 2009, les non-résidents détenaient 42,5% des entreprises du CAC en actions, un niveau inférieur à celui constaté dans la plupart des pays européens et très concentré dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. Or, pour le moment, le rapport constate que les fonds souverains n’ont effectué aucune prise de participation hostile, et se positionnent en investisseurs de long terme et non dans une logique d’arbitrages de court terme.

Néanmoins, la faiblesse de la croissance française et un contexte fiscal jugé erratique rendent le marché français relativement peu attractif. Des pistes sont envisageables. Jean-François Théodore propose ainsi qu’une «haute personnalité» rattachée au ministère de l’Economie soit nommée pour faciliter les échanges avec les fonds souverains. Lors de la présentation du rapport, le député Olivier Dassault a également proposé d’ouvrir le FSI aux fonds souverains afin d’augmenter sa taille à 100 milliards d’euros. Mais en voulant imposer leurs conditions à d’éventuelles prises de participation, les entreprises françaises risquent de décourager ces efforts.

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