Le marché secondaire des fonds immobiliers européens se structure

le 08/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le conseil en immobilier CB Richard Ellis vient de lancer une plate-forme pour faciliter les transactions sur les parts de fonds en Europe continentale

A l’image de ce qui se passe dans le capital-investissement, les transactions sur les parts de fonds immobiliers se multiplient depuis plusieurs années. En 2010, le marché secondaire a représenté 1,6 milliard de dollars au niveau mondial hors Royaume-Uni, contre 1,2 millard en 2009 et 590 millions en 2007, d’après les données de la société de gestion spécialisée Landmark Partners.

«Le volume annuel de transactions secondaires pourrait être compris entre 1,5 et 3 milliards de dollars en 2011 et 2012», extrapole Paul Parker, managing director chez Landmark Partners en se basant sur le marché secondaire du private equity. Le marché britannique, pour lequel les estimations varient fortement selon les sources, est évalué à 750 millions de dollars en 2010, d’après Landmark Partners.

Autre preuve du développement de ce marché, les investisseurs se positionnent dans les fonds secondaires. L’an dernier, le véhicule Partners Group Real Estate Secondary 2009 a été bouclé à 750 millions d'euros, ce qui en fait le plus important fonds secondaire jamais levé. Les deux fonds levés en 2010 ont recueilli 1,4 milliard de dollars d’engagements, contre des levées de fonds de 300 millions d'euros au total en 2009, d’après le bureau d’études Preqin.

CB Richard Ellis entend bien jouer un rôle de facilitateur de transactions dans ce marché en développement. Dès septembre 2009, le conseil en immobilier, en partenariat avec GFI Group, a lancé une plate-forme dédiée, PropertyMatch. L’outil sert à mettre en relation les acheteurs et vendeurs de parts de fonds au Royaume-Uni et a déjà permis la conclusion de plus de 467 millions d'euros de transactions.

Le service vient de s’étendre à l’Europe continentale et a déjà facilité deux transactions pour les fonds UBS Euro Core Fund et Aberdeen Pan-Nordic Fund pour un montant de 3 millions d'euros environ. «PropertyMatch est encore plus nécessaire sur le continent qu'au Royaume-Uni où, dans une certaine mesure, il y a toujours eu un marché secondaire permettant l'échange de véhicules immobiliers non cotés», explique Paul Robinson, directeur général du département Real Estate Finance de CBRE. Les investisseurs pourront ainsi rendre liquides leurs participations. Reste à savoir si les vendeurs et les sociétés de gestion accepteront de dévoiler les informations sur les parts de fonds à vendre aux membres de la plate-forme.

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