« La BCE pourrait monter son taux pour contenir les anticipations d’inflation »

le 07/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Henri Delessy, économiste à La Banque Postale

L'Agefi: Le risque inflationniste en zone euro peut-il amener la BCE à sortir de son immobilisme monétaire ces prochains mois?

Henri Delessy: C’est de plus en plus probable à mesure que la flambée du cours des matières premières persiste. Certes la dérive haussière des prix dans la zone euro n’est due qu’aux produits de base et aux relèvements de taxes dans les Etats en crise budgétaire. Un vrai risque inflationniste est peu plausible avec un taux de chômage à 10% et des salaires qui progresseront peu en 2011, hormis peut-être en Allemagne. Néanmoins, la BCE pourrait monter son taux pour contenir les anticipations d’inflation et surtout pour conforter la remontée récente de l’euro. Celle-ci est en effet la seule réponse efficace à l’inflation importée. Quel élément pourrait retenir la BCE? L’éventualité d’un reflux des cours de matières premières au deuxième semestre si les pays émergents confrontés, eux, à un risque inflationniste réel, mettaient un frein à leur vive croissance.

Croyez-vous à une stabilisation du taux à 10 ans américain d’ici la fin du second tour de l’assouplissement quantitatif?

Le taux à 10 ans pourrait d’abord monter, sur fond de nouvelles plutôt bonnes pour l’économie américaine et plus encore pour l’activité mondiale, car les achats de titres par la Fed peuvent freiner une hausse du taux long, pas l’empêcher. Cependant, l’envolée des prix des produits de base porte en germe un ralentissement de la croissance dans le monde. Ce qui entraînerait une correction à la baisse sur les taux longs. Au total, nous retenons plutôt une évolution en cloche pour le taux à 10 ans américain et aussi pour celui de la zone euro.

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