« A court terme, nous ne pouvons pas écarter un repli de l’euro/dollar vers 1,35 »

le 07/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Emmanuel Hurault, gérant de taux chez Groupama AM

L'Agefi: L’appréciation de la monnaie unique face au billet vert va-t-elle perdurer ?

Emmanuel Hurault: Si le mouvement de début d’année peut surprendre certains investisseurs par sa violence, il faut tout d’abord noter que, sur un an glissant, la parité est exactement au même niveau. De nombreux facteurs militent pour un affaiblissement des deux devises. D’un côté, la situation des pays périphériques a mis en exergue la difficulté de construire une Europe économique sans union politique. D’un autre côté, les Etats-Unis continuent d’accroitre leur endettement afin de relancer une économie toujours atone et de maintenir des taux bas. Le spectre d’un éclatement de la zone Euro semble écarté, c’est pourquoi l’attention s’est naturellement reportée sur l’endettement des Etats-Unis et cette tendance devrait se poursuivre dans les prochains mois. A court terme cependant, l’euro parait sur-acheté et tactiquement nous ne pouvons pas écarter un repli vers 1,35.

La récente faiblesse de la livre face à la monnaie unique peut-elle se poursuivre ces prochains mois ?

Le dynamisme de l’économie britannique n’a cessé de générer des surprises positives tout au long de l’année 2010 : le niveau des taux courts favorisait la consommation des ménages anglais endettés à taux variable et l’inflation s’inscrivait régulièrement au-dessus des niveaux cibles de la Banque d'Angleterre. Ainsi qu’en témoigne la récente publication du PIB, un ralentissement paraît inévitable: un plan d’austérité drastique ainsi que les deux hausses de la TVA de 2,5% vont peser sur l’activité économique du pays. La dépréciation récente de la livre est justifiée. Une légère poursuite du mouvement est envisageable.

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