La Chine abaisse son objectif de prêts par rapport à 2010

le 19/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le journal officiel indique que les autorités ont fixé aux banques un quota de crédits de 7.200 milliards de yuans pour 2011, soit 10 % de moins que l'an passé

La Chine planifie sa stratégie de développement sur tous les fronts. La banque centrale chinoise aurait fixé ses objectifs de prêts à 7.200 milliards de renminbis en 2011, selon le Securities Journal. Il s’agit d’un rythme en ligne avec la moyenne connue entre 1998 et 2007, mais de 10 points inférieur à celui de 2010. Les institutions bancaires sont même priées de ne pas dépasser en janvier le seuil de 12% de l’objectif annuel, alors que, contrairement aux années précédentes, les autorités monétaires n’avaient pas profité de leur conférence annuelle pour annoncer officiellement leur objectif de prêts pour 2011. De quoi calmer les tensions suite à la hausse annuelle des investissements étrangers en Chine de 17,4% en 2010 à 105,7 milliards de dollars, et à l'heure où l'inflation atteint 5,1%.

«Un tel réajustement est une bonne nouvelle pour l’inflation chinoise qui suit la croissance monétaire avec un décalage de six mois», estime la société de gestion GaveKal. D’autant qu’en 2010, 2.000 milliards de renminbis de prêts hors bilan avaient porté le montant réel des prêts bancaires à environ 10.000 milliards, un niveau bien supérieur à l’objectif de 7.500 milliards fixé par le gouvernement. Le nouveau système de réserves obligatoires institué par les autorités, qui fixe un ratio mensuel pour chaque établissement, devrait décourager les prêts souterrains.

Sur le plan extérieur, la Chine investit massivement dans les pays émergents. En effet, le Financial Times rapporte que la China Development Bank et la China Export-Import Bank auraient à elles seules accordé en 2009 et 2010 plus de 110 milliards de dollars à ces pays, soit 10 milliards de plus que la Banque mondiale. Ces prêts auraient servi à financer des projets énergétiques en Russie, au Venezuela, au Brésil mais également en Inde, au Ghana et en Argentine.

Enfin, après l’augmentation du salaire minimum par les provinces de Beijing et Jiangsu de respectivement 20% et 19% en 2011, la province de Dongguan emboîte le pas avec une hausse de 15,6%. Un nouveau signe de la volonté de Pékin de rééquilibrer sa croissance vers la demande intérieure alors que la hausse graduelle du yuan paraît inexorable et que 70% des salariés chinois travaillent pour l’exportation. Ce réajustement pourrait cependant se faire au prix d’une hausse de l’inflation sous-jacente, aujourd'hui contenue.

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