L'idée d'une réduction significative du taux de l'EFSF émerge

le 17/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Barclays appelle à une baisse du coût de financement de l'aide aux périphériques de 200-300 pb, contre 250 pb dans le cas grec du côté de JPMorgan

Alors que l'accroissement de la taille et du périmètre d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) fait cogiter les grands argentiers, certains économistes appellent à une réduction du taux d’intérêt que doivent payer les pays en difficulté, notamment l'Irlande, sur les liquidités prêtées par les Etats-membres ayant participé à l’aide financière.

«Il serait raisonnable d’abaisser les coûts de financement actuellement facturés de 200 à 300 points de base, ce qui permettrait d’offrir un soutien financier indirect aux pays périphériques en besoin d’une telle assistance», précise Barclays dans une note. Pour les économistes de JPMorgan, l’Europe devrait réduire le taux d’intérêt d’urgence de 50% pour aider l’Irlande, soit environ 250 pb. Ces derniers estiment, d’une manière générale, que les niveaux des taux actuels ne permettent pas de sortir de crise sans qu’il y ait de restructuration des dettes gouvernementales.

Alors que certains sur les marchés voient l’EFSF [noté AAA comme le mécanisme européen de stabilisation financière (EFSM), ndlr] émettre entre 20 à 25 milliards d’euros de dette pour financer son aide à l’Irlande, le souverain périphérique, lui, pourrait payer au total au moins 5,515% d’intérêts sur les montants prêtés.

La facilité se présentera sur le marché primaire en tant que nouvel émetteur pour placer une obligation similaire à celle récemment placée par l’EFSM. Le mécanisme a émis une dette à 5 ans de coupon 2,5%, soit un rendement offert absolu de 2,59%. A cela s’ajouterait une charge supplémentaire de 292,5 pb appliquée par l’UE uniquement dans le cas irlandais et une éventuelle prime à l’émission sur la dette EFSF. Celle-ci tiendrait compte du fait qu’elle est adossée à des garanties individuelles des Etats membres de l’UE, contrairement à celle de l’EFSM qui est adossée à une garantie conjointe des 27 Etats-membres. Une première tranche est prévue à la fin janvier.

Pour Barclays, la baisse des coûts de financement pourrait permettre de rendre les coûts de financement du FMI et de l’UE comparables. «La décote pourrait être au minimum, globalement similaire à la charge récoltée par le FMI sur un prêt en excès de son quota pays: dans les cas de la Grèce et l’Irlande, cela s’élèverait à 200-300 pb», note l’établissement.

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