La hausse du taux du Livret A aura peu d'effet sur la demande de titres indexés

le 14/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour autant, les craintes inflationnistes à court terme de la BCE sont de nature à animer un peu le marché des OAT indexées sur l'inflation française

Sous l’effet de la hausse des prix énergétiques, l’inflation en France s'est redressée de 1,6% en novembre à 1,8% en décembre. Ce qui a amené hier la Banque de France à relever le taux de rémunération du livret A - indexé sur l’inflation hors tabac- de 1,75 % à 2 %. Alors que l'encours des Livret A et de Développement durable (LDD) est de 255 milliards, dont 168 milliards centralisés à la CDC, cette décision ne devrait pour autant pas se traduire par une demande forte pour les obligations d’Etat indexées sur l’inflation française (OATi).

«Les banques couvrent constamment leurs encours de Livret A collectés contre le risque d’inflation sur le marché des titres indexés,  rappelle David Mendes-Vives, stratégiste inflation chez SG CIB. La hausse de 25 pb à 2% étant faible, elles ne devraient pas avoir besoin d’acheter beaucoup plus d’OATi pour se couvrir cette année, seulement un faible montant». René Defossez, stratégiste taux chez Natixis, explique que «le relèvement du taux du Livret A de 1,75% à 2% n’est pas une surprise pour ceux qui en collectent les encours et n’aura pas d’effet sur la demande de titres indexés sur l’inflation, car il ne s’agit pas d’une problématique d’encours mais d’indexation.»

«Le taux du Livret A devrait rester stable en 2011 car le marché anticipe une baisse de l’inflation au deuxième semestre 2011 après une hausse au premier semestre», note David Mendes-Vives. Mais pour ce dernier, cette perspective bénigne peut changer si l’inflation ne venait pas à baisser. A ce stade, il s’inquiète du niveau élevé des prix énergétiques et alimentaires.

Jean-Claude Trichet a d'ailleurs longuement évoqué le sujet hier. «Nous observons des signes d'une tendance à court terme à la hausse de l'inflation, notamment en raison des prix de l'énergie. Cela n'affecte pas, pour l'instant, notre sentiment que l'évolution des prix restera stable dans un avenir visible. Une surveillance étroite est néanmoins nécessaire», a-t-il déclaré hier. Selon René Defossez, ces déclarations sont «de nature à susciter la mise en place de stratégies directionnelles et à animer un peu le marché des OAT indexées, qui restera néanmoins très peu liquide».

Les taux à 2 ans allemands et français se sont tendus de plus de 10 pb. Les points morts s’écartaient de 5 et 2 pb sur les OATei (inflation européenne) 2015 et 2020 à 1,77% et 2,01% hier. Ceux des OATi 2017 et OATi 2019, de 3 et 1,5 pb à 1,97% et 2,05%.

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