Paris et Berlin taclent Bruxelles sur la réforme du Fonds de stabilisation

le 13/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'accroissement de la taille et du périmètre d'intervention de l'EFSF soulèvent les réticences de ses deux principaux bailleurs de fonds

Si le Portugal a passé hier le test des marchés, il n'est pas sûr que l'on puisse en dire autant des dirigeants de la zone euro. Alors qu'à Bruxelles, le président de la Commission José Manuel Barroso et son commissaire aux affaires économiques Olli Rehn lançaient le débat sur un renforcement de la Facilité de stabilisation de l'euro (EFSF), Paris et Berlin ont démenti la nécessité de réformer ce fonds public de 440 milliards d'euros.

«Nous consultons. Ce que l'on peut dire c'est que la capacité de financement doit être renforcée et le champ d'intervention élargi», a dit José Manuel Barroso à l'occasion d'une conférence de presse où il présentait les grandes lignes de la coordination des politiques économiques. C'est «un chantier en cours», ajoutant qu'un accord à Vingt-Sept était envisageable dès début février. Le matin même, Olli Rehn faisait les mêmes déclaration dans les colonnes du Financial Times.

L'idée n'est pas nouvelle. C'est même une demande insistante de la Banque centrale européenne qui souhaiterait voir l'EFSF prendre la relève pour le rachat ponctuel de dettes souveraines de pays en difficulté. Pour l'instant, ses statuts ne permettent à l'EFSF que de procéder au sauvetage intégral d'un Etat en le «débranchant» des marchés, comme cela a été fait pour l'Irlande. Par ailleurs, s'il dispose de 440 milliards d'euros de garantie, sa capacité de prêt réelle serait d'environ 250 milliards d'euros, ce qui est jugé insuffisant pour un sauvetage de l'Espagne, par exemple.

«Nous considérons que ce fonds est aujourd'hui suffisamment important pour répondre aux demandes formulées par tel ou tel pays», a cependant déclaré le porte-parole du gouvernement français François Baroin, à l'unisson avec Berlin. Des divergences entre partis de la coalition, formée des libéraux et chrétiens-démocrates et emmenée par Angela Merkel, pourraient expliquer cette retenue. Elles privent en tout cas à ce stade l'Allemagne d'une position sur le futur mécanisme pérenne dit Mécanisme de stabilisation de l'euro (ESM) après 2013, au sujet duquel les discussions reprennent la semaine prochaine au niveau technique.

Une source européenne a confirmé hier à L'Agefi que la Commission européenne réfléchissait dans ce cadre à abonder le mécanisme au moyen d'une taxe bancaire à hauteur de 50 milliards d'euros. Le but est de rendre le financement le plus indépendant possible du passage d'un participant du statut de contributeur à celui de bénéficiaire.

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