Les investisseurs devraient être rassurés par les résultats des entreprises

le 12/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la veille de la publication de résultats, les acteurs sur les marchés actions hésitent à jouer les mêmes paris qu’en 2010

Dans un monde à deux vitesses (les pays industrialisés peinant à retrouver leur niveau d’activité d’avant-crise tandis que les émergents, Chine en tête, caracolent à pleine vitesse pour faire de la dernière récession mondiale un lointain souvenir), les investisseurs se sont quasiment exclusivement tournés en 2010 vers les secteurs capables de capter cette tendance au découplage. Conséquence, les six secteurs ayant affiché des gains supérieurs à 20% l’année dernière sont : l’automobile (+43%), les valeurs industrielles (+33%), le luxe (+27,3%), les produits de base (+26,9%), le transport aérien (+24,7%) et la chimie (+23,6%), quand l'indice Stoxx 600 progressait dans le même temps de seulement 8,6%... Impressionnant !

Un tel mouvement a entraîné notre indicateur de dispersion de performances sectorielles au sein de la cote européenne à retrouver des niveaux élevés (cf. graphique) et rend les investisseurs désormais hésitants à rejouer les paris gagnants des deux dernières années, en dépit d’un optimisme généralisé pour les actions à un horizon de moyen terme. Pour preuve, le classement des secteurs selon leur performance boursière depuis le début de l’année est désormais relativement plus flou : parmi les six secteurs mentionnés plus haut, seuls ceux du transport (automobile et aérien) affichent encore une surperformance par rapport au Stoxx 600, tiré par des perspectives bénéficiaires toujours plus fortes. Alors que d’autres secteurs comme l’énergie et les télécommunications, à la traîne en 2010, retrouvent les faveurs des investisseurs, soutenus par la thématique des rendements.

Après un début d’année hésitant, la saison des publications de résultats des entreprises occidentales arrive donc à point nommé pour conforter les investisseurs dans l’optimisme qu’ils affichent toujours vis-à-vis des marchés actions. Car au regard des bons chiffres macroéconomiques qui se sont multipliés tout au long du quatrième trimestre 2010, les bonnes surprises devraient à nouveau être au rendez-vous sur le front de la microéconomie. Ce facteur de soutien, une nouvelle fois bien présent, devrait permettre aux marchés actions de bien se comporter, au moins à court terme.

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