Le marché des obligations sécurisées enregistre un record d’émissions

le 07/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La forte activité des émetteurs français risque de contraindre ces derniers à offrir des primes de plus en plus élevées pour réussir leurs placements

Le marché des covered bonds n’a jamais été aussi actif que cette semaine. Depuis lundi, 13 émissions ont eu lieu pour un montant total de près de 14 milliards d'euros. Hier, c’était au tour de GCE, le véhicule d’émission de BPCE, et de CRH de faire appel au marché, tous deux pour 1,25 milliard d'euros. Le précédent record remonte à la deuxième semaine de janvier 2006 durant laquelle 12 milliards d'euros d’obligations sécurisées, ces titres garantis par des portefeuilles de prêts le plus souvent hypothécaires, avaient été placées.

«Les émetteurs veulent prendre de l’avance sur leur programme car ils craignent que le marché se ferme ponctuellement en 2011», expliquent les stratégistes de Barclays Capital. Jusqu’ici les émissions ont été assez diversifiées. Les banques françaises se sont montrées les plus actives, suivies des Pays-Bas, de l’Espagne et du Royaume-Uni. «Le marché a très bien absorbé cette vague d’émissions», expliquait hier dans une note Heiko Langer, de la recherche crédit de BNP Paribas.

Santander et BBVA ont néanmoins dû offrir des primes très élevées, les investisseurs se focalisant sur le risque souverain espagnol. Par ailleurs, ABN Amro a dû accorder mercredi un spread légèrement supérieur à son indication initiale, dans un contexte d’embouteillage sur le marché. Les remboursements de covered bonds s'élèvent à 17 milliards d'euros pour janvier. Treize émissions sont encore en préparation, d’après Barclays Capital.

Les spécialistes ne prévoient toutefois pas d’indigestion imminente. D’abord, la réduction de la taille des émissions permet d’éviter la saturation. Alors qu’avant la crise, les émissions de plus de 2 milliards d'euros étaient fréquentes, les émissions récentes étaient inférieures ou égales à 1,5 milliard d'euros, sauf celle de BNP Paribas à 1,75 milliard. Par ailleurs, «la demande a été soutenue par les primes d’émissions attractives offertes par rapport au marché secondaire», souligne Heiko Langer. (…) C’est en Allemagne et dans les pays nordiques que le risque de suroffre est le plus bas tandis que les spreads sur les obligations sécurisées françaises seront probablement affectés par les prévisions d’émissions importantes». En Espagne, où les émissions devraient rester sélectives, l’évolution des spreads dépendra surtout de la situation macroéconomique.

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