La spéculation sur l'or noir atteint un sommet

le 05/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les positions nettes des acteurs non industriels ont touché un pic record de quatre ans à 217.046 contrats le 28 décembre

Le prix du baril de pétrole a débuté 2011 sur les chapeaux de roue. Dès lundi, il a atteint sur le Nymex 92,58 dollars, son niveau le plus haut depuis le 7 octobre 2008, pour finalement fortement consolider à 88,85 dollars mardi. Les récentes statistiques économiques de décembre suggérant du mieux pour la croissance des deux côtés de l’Atlantique, les investisseurs se sont laissés aller à un certain optimisme pour les perspectives de l’or noir. A un tel point que la montée du baril de brut est redevenu le grand pari des investisseurs, les positions spéculatives des hedge funds et des acteurs non commerciaux et industriels étant à leur apogée.

D’après les données de la CFTC, à l’issue de la semaine close le 28 décembre 2010, leurs positions nettes sur le pétrole brut, au travers des futures et des options, ont augmenté de 9.578 contrats (soit +4,6% sur une semaine) à un pic de 217.046 contrats. Un record depuis quatre ans.

Lors de la dégringolade du cours du baril pétrolier, de 86,84 dollars, le 6 avril, à 68,01 dollars, le 20 mai, les spéculateurs avaient soldé près de 102.791 contrats - de 192.126 à 89.335 - soit une réduction de 53,5%, contre un repli de 21,7% du prix de la matière première. Un signe que les flux d’investissement spéculatifs ont eu une part de responsabilité dans cet effondrement. Aujourd'hui, le niveau élevé des positions longues rend possible une liquidation, et donc une correction, à court terme.

Quant aux producteurs et commerciaux, ils ont, eux, poursuivi leurs ventes de contrats pour la quatrième semaine consécutive afin de figer des niveaux de prix pour la production future. A l’issue de la semaine close le 28 décembre 2010, leurs positions nettes vendeuses atteignent 177.958 contrats.

Le scénario d'un cours du pétrole en décembre restant durablement au-dessus des 90 dollars était mis en doute par certains observateurs au vu des niveaux élevés des stocks et les incertitudes concernant la demande. Cela étant, les stocks américains de pétrole brut, qui s’établissaient à 355 millions de barils il y a presque un mois, s’établissent désormais 339,4 millions. Un niveau qui demeure 7,6% au-dessus des normes saisonnières de ces cinq dernières années. L’Agence internationale de l’énergie parie sur une offre de pétrole en 2011 en hausse de 0,9%. L’idée d’une offre limitée s’était récemment traduite par une courbe des prix à terme en situation de déport.

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