La dette souveraine sous haute tension en 2011

le 03/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

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Malgré des prévisions de déficits budgétaires en baisse pour 2011, les pays européens devront lever des montants de dettes conséquents. UniCredit, qui anticipe une baisse de 130 milliards des déficits et une chute de 925 milliards d’euros des besoins de financements en zone euro, table sur 825 milliards d’émissions brutes. SG CIB voit les souverains émettre 823 milliards. Les émissions se sont élevées à 970 milliards en 2010.

La banque italienne explique que «sur la réduction de 145 milliards d’euros du volume brut, 65 milliards viendront du fait que la Grèce et l’Irlande seront hors du marché cette année». Elle n’écarte pas non plus l’idée que le Portugal demande une aide financière. SG CIB suppose que la Grèce, l’Irlande et le Portugal soient inactives en 2011 et intégre dans sa prévision d’émissions brutes 14 milliards d’euros d’injections. Celles-ci pourraient provenir du fonds de stabilité financière européen qui a été ranimé pour sauver l’Irlande et son système bancaire.

SG CIB et UniCredit tablent dans l’ordre sur 267 et 270 milliards d’euros d’émissions nettes, en baisse de plus de 32% par rapport à 2010. Un fort repli qui s’explique par des remboursements obligataires prévus à un niveau record de 560 milliards en 2011, soit 45 milliards de plus qu’en 2010. L'Espagne et l'Italie auront à refinancer près de 400 milliards ce printemps, selon le CEBR, qui évalue à 20% la chance de survie de l'euro dans les dix ans à venir, jugeant les mesures des Etats insuffisantes pour réduire les déséquilibres économiques.

Au vu du risque de renouvellement de la dette et de l’aplatissement de la courbe des taux sur la partie 10-30 ans, SG CIB parie sur des volumes plus importants sur la partie longue que sur la partie courte. La France et l’Allemagne ont été d’ailleurs en position en 2010 de réduire leurs stocks de dette à court terme.

D’après Barclays, en janvier, les levées de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de la Belgique devraient s’élever en janvier à 73,5 milliards, contre 30 milliards en décembre. UniCredit voit les pays de l’UE placer 30% (246 milliards) du financement total au premier trimestre, 28% au deuxième, 22% au troisième et 19% du dernier.

Côté demande, UniCredit s’attend à un environnement de marché toujours aussi difficile qui pourrait forcer certains pays à recourir davantage aux émissions par syndication. La crédibilité des mesures d'austérité budgétaire sera mise à rude épreuve pour les pays périphériques dont la dette est majoritairement détenue par des investisseurs non résidents, comme l’Irlande (84%), le Portugal (73%) et la Grèce (63%), selon les données de Barclays.

Rachats de la BCE, clauses d'actions collectives, santé des systèmes bancaires, notations... les sujets ne manquent pas pour mettre de l'huile sur le feu.

émissions souveraines 2011
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