La capacité de la BCE à stériliser ses rachats de dette sera testée

le 03/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'institution n'a réussi à drainer la semaine dernière que 60 milliards d'euros sur les 73,5 milliards injectés dans le système via ses achats

Les problématiques rencontrées par la Banque centrale européenne en 2010 seront les mêmes en 2011. Celle de l’accoutumance particulièrement excessive des banques des pays périphériques de la zone euro à la liquidité centrale a été remise au goût du jour jeudi. De fait, la banque centrale d’Irlande a publié jeudi une hausse de 11,7 milliards d’euros (+13,7%) à 97,3 milliards du financement de la BCE accordé aux emprunteurs domestiques, y compris les banques de détail irlandaises et celles détenues par des étrangers. Au total, les institutions de crédit irlandaises, dont les banques internationales opérant avec l’Irlande, ont accru de 8,2 milliards à 138,2 milliards leur dépendance à la monnaie centrale.

La BCE, qui se réunira le 13 janvier, a continué à soutenir le marché de la dette souveraine en intensifiant ses rachats d'obligations d'Etat. La semaine dernière, ils ont atteint 1,121 milliard d'euros, soit près du double du montant repris la semaine précédente. Depuis mai, l'institution monétaire a racheté, via son programme SMP, pas moins de 73,5 milliards d'euros, achats qui se concentreraient, selon la plupart des analystes, sur la dette des pays en difficulté tels que l'Irlande, la Grèce et le Portugal.

Seulement voilà. Alors qu’elle a augmenté comme prévu, mercredi, son capital souscrit de 5 milliards d’euros à 10,76 milliards, la BCE comptait la veille sur une offre de rachat de dépôts à 7 jours de banques commerciales pour stériliser ses rachats de dette effectués depuis le printemps et drainer la liquidité ainsi injectée dans le système financier. Mais elle n’en a retiré que pour un montant de 60,78 milliards d’euros, soit environ 13 milliards d’euros de moins que les 73,5 milliards acquis. Certains observateurs tempèrent ce résultat décevant traduisant l’incapacité de l’institution à neutraliser entièrement son intervention. Ils expliquent que les banques préfèrent conserver leurs liquidités pour faire face à la période de fin d’année traditionnelle très tendue. D’ailleurs, les opérations de refinancement de la BCE sont passées de 517,2 milliards d’euros, fin novembre, à 546,8 milliards jeudi. Preuve aussi que certaines banques sont aussi excédentaires de liquidités, les dépôts réalisés auprès de la BCE ont atteint un plus haut de 88,8 milliards, contre un plancher de 19,3 milliards mi-novembre. D'ailleurs, le taux Eonia reste faible à 0,39%, contre 1% pour l'Euribor 3 mois.

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