La ville de Saint-Germain-en-Laye est exposée à des emprunts toxiques

le 27/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon des sources proches, le syndicat des ordures de la ville (Sidru) aurait contracté deux emprunts indexés sur la variation des taux de change

La ville de Saint-Germain-en-Laye est exposée à des emprunts toxiques

Après la ville de Saint-Etienne ou le département de la Seine-Saint-Denis, le Sidru, le Syndicat intercommunal qui gère le traitement des ordures ménagères présidé par le maire de Saint-Germain-en-Laye, Emmanuel Lamy, offre un nouvel exemple des dérives de la gestion de la dette des administrations publiques. En cause: la renégociation de trois emprunts structurés qui représentent 100% de la dette de l'organisme et l'exposent à une bombe à retardement pouvant faire exploser les intérêts de sa dette.

Sur la base de documents que s’est procuré L’Agefi, le Syndicat aurait «swappé» (échangé) un taux fixe de 5,10%, certes élevé au regard des conditions actuelles mais qui a le mérite de garantir la lisibilité sur les échéances payées, contre un taux fixe annuel de 3,68% payable en décembre 2009. Ensuite, pour une durée de 19 ans à compter de décembre 2010, le taux varie selon la formule suivante: 4,68% + 1,7 fois le maximum de la différence entre l'euro/dollar et l'euro/franc suisse, si celle-ci est positive. Soit aux conditions actuelles un taux de 13,2%.

Un autre produit avec une échéance en janvier permet d’obtenir un taux de 3,50% si l'euro/franc est inférieur à 1,41. Sinon le Sidru paiera 1,6214 moins l'euro/franc, divisé par la parité. L'effet de levier est énorme: pour un cours à 1,43, le taux payé serait de 13,40%. L'euro/franc étant tombé à 1,26, le risque n'est que théorique. Les deux emprunts représentent environ 40 millions d’euros. Les pertes totales latentes sont, selon l'opposition municipale, de 100% du capital restant dû.

«Nous sommes en négociation avec nos banques», se bornait vendredi à indiquer Emmanuel Lamy, interrogé par L'Agefi. Le président du Sidru vante la note AAA de la ville de Saint-Germain-en-Laye. Mais toute renégociation ne pourra se faire qu’au prix d’un coût supplémentaire. Les banques concernées sont des spécialistes du genre: Depfa, la banque allemande installée en Irlande, et Natixis.

La gestion dispendieuse des collectivités est en cause, les poussant à rogner sur les taux d’intérêts faciaux payés au prix d’un risque astronomique pris sur la dette, et repoussant d’inévitables hausses d’impôts. Il ne s’agit pas d’un épiphénomène et, selon des sources proches du dossier, les affaires récemment relayées ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. L’agglomération de Montpellier serait ainsi également exposée à de tels produits structurés.

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