Arrestations en série dans l’enquête sur les délits d’initié au sein des hedge funds

le 17/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Quatre personnes ont été arrêtées hier sur des soupçons de divulgation de secrets technologiques au bénéfice de fonds alternatifs

Une enquête pour délits d'initiés menée aux Etats-Unis a débouché hier sur l'arrestation de quatre personnes pour divulgation de secrets technologiques à des fonds alternatifs. L'enquête s'était intensifiée le mois dernier avec une série de perquisitions chez des hedge funds accompagnés de citations à comparaître.

L'identité des fonds spéculatifs accusés d'avoir été bénéficiaires de ces informations privilégiées n'a pas été révélée.

Parmi les personnes arrêtées figurent trois dirigeants de sociétés technologiques et un vendeur pour une société de «réseaux d'experts» dont le travail est d'engager des consultants pour conseiller des gérants de fonds sur le secteur technologique.

Les fonds alternatifs paient des sociétés de réseaux de façon à entrer en relation avec des experts de tel ou tel secteur industriel, supposés offrir des idées sur les tendances et sur la manière dont fonctionne telle ou telle activité.

Un des dirigeants travaillait pour la société de sous-traitance Flextronics International, basée à Singapour, qui fabrique des composants pour l'iPhone et l'iPod d'Apple. Le dirigeant, Walter Shimoon, aurait parlé à un hedge funds des plans concernant l'iPad et donné des chiffres de vente concernant l'iPod et l'iPhone.

Le deuxième cadre arrêté, Anthony Longoria, était employé chez Advanced Micro Devices (AMD). Il est accusé d'avoir donné divers chiffres sur le fabricant de semi-conducteurs à un fonds non identifié. Enfin, Manosha Karunatilaka travaillait pour le sous-traitant en semi-conducteurs Taiwan Semiconductor Manufacturing.

Une cinquième personne, ex-employé de Dell, a plaidé coupable vendredi dernier. Il a reconnu avoir fourni des informations confidentielles sur le constructeur informatique. Tous étaient engagés comme consultants par une société californienne de réseaux d'experts, Primary Global Research.

«L'accusation aujourd'hui affirme qu'un réseau corrompu d'initiés dans certaines des plus grands sociétés mondiales technologiques a servi de soi-disant «consultants» qui ont trahi leurs employeurs en volant et ensuite en revendant leurs précieuses informations venant de l'intérieur», a déclaré le procureur de Manhattan Preet Bharara, qui précise que les enquêtezs vont se poursuivre.

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