La note de la Belgique risque d’être dégradée par Standard & Poor’s

le 15/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’incertitude politique pourrait coûter à la Belgique son « AA+ ». L’absence de gouvernement stable empêche le lancement de réformes

La crise politique belge risque de peser sur le coût de financement du pays. L’agence de notation Standard & Poor’s vient d’abaisser sa perspective sur la note de la Belgique de stable à négative. La dette à long terme du royaume est pour le moment notée AA+. «Nous pourrions abaisser d'un cran la notation souveraine de la Belgique si nous concluons que faute de consensus, le gouvernement ne peut pas stabiliser la trajectoire de la dette ni lancer des réformes», souligne S&P dans un communiqué. Si le pays ne parvient pas à former un gouvernement prochainement, l’agence pourrait abaisser sa note d’ici six mois. Si un gouvernement est formé mais qu’il est inefficace sur le plan budgétaire, un abaissement de la note serait envisagé dans les deux ans.

L’instabilité politique empêche en particulier le pays de prendre les mesures nécessaires pour réduire son ratio dette/PIB, qui s’élève à près de 100% en 2010. Sur la base de ce critère, seules la Grèce et l’Italie sont plus endettées que la Belgique au sein de la zone euro. «La dette publique élevée de la Belgique et l’incertitude politique pourraient freiner la confiance, augmenter le coût de financement de l’économie et saper la reprise», estime le FMI dans son dernier rapport sur le pays.

L’annonce de Standard & Poor’s a déjà eu des répercussions sur le marché de la dette souveraine belge. Le rendement à deux ans s’est fortement tendu hier, de 22 points de base à 2%. Par ailleurs, l’agence de la dette belge a émis hier 1,57 milliard d’euros de titres à douze mois pour un rendement de 1,82%, le plus important depuis une émission réalisée en décembre 2008. En 2011, la Belgique doit emprunter environ 40 milliards d’euros sur les marchés.

La bonne santé de l’économie belge, notamment grâce aux exportations, tempère cependant l’inquiétude sur l’incertitude politique. Le produit intérieur brut devrait progresser de 2% cette année, puis de 1,8% en 2011 d’après les dernières prévisions de la Commission européenne. Ce contexte, ainsi que la solidité des institutions belges ont permis au gouvernement d’atteindre son objectif en termes de déficit budgétaire, à 4,8% du PIB, explique S&P. Pour 2011, l’objectif est fixé à 4,1% du PIB mais la Commission européenne table plutôt sur 4,6%.

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