La réunion de la Fed n'arrêtera pas la hausse des rendements

le 14/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le FOMC attendra des signes tangibles de reprise avant de se prononcer sur l’avenir de sa politique d’assouplissement quantitatif

Photo Bloomberg

Depuis la dernière réunion de la Fed début novembre, les rendements sur la dette américaine se sont fortement tendus. Entre le 8 novembre et le 8 décembre, le rendement a grimpé de 75 pb, ce qui en fait «le plus important mouvement de vente mensuel depuis juin 2009», soulignent les stratégistes de SG CIB. Le taux à 10 ans ressortait hier à 3,27%. Il faut dire que le marché avait très largement anticipé l’annonce du nouveau plan de rachat d’actifs de la Fed.

La réunion du FOMC qui a lieu ce soir ne devrait pas mettre un terme à ces tensions sur la dette souveraine des Etats-Unis car la Fed ne devrait pas faire d’annonces marquantes. «La confirmation du programme d’assouplissement quantitatif ne changera pas significativement la tendance à la hausse des rendements», expliquent les stratégistes change de HSBC. La fin de l’année approchant, la faible liquidité sur le marché contribuera aussi aux tensions.

Autre facteur contribuant à cette remontée des taux, le marché peut moins compter sur une troisième vague d’assouplissement quantitatif. Alors que, début décembre, le président de la Fed, Ben Bernanke, expliquait que la banque centrale pourrait aller au-delà de son deuxième plan, cette possibilité paraît à présent moins envisageable. Le président américain Barack Obama a en effet annoncé d’importantes mesures de relance budgétaire qui doivent encore être votées par le Congrès. D’après SG CIB, elles devraient rajouter 0,5 à 1,5 point de pourcentage à la prévision de base de 2,3% de croissance du PIB en 2011 et contribuer à la baisse du taux de chômage.

Dès lors, «la Fed aura plus de mal à faire valoir la nécessité de son programme», explique Rudy Narvas, économiste chez SG CIB. Mais la banque centrale ne tranchera pas tant que la reprise économique ne sera pas confirmée. «Les responsables vont continuer à faire preuve d’une grande prudence (…) et vont préférer attendre de voir comment évoluent les chiffres par rapport aux prévisions», avance SG CIB.

La détérioration des finances publiques, aggravée par l’annonce du plan de relance budgétaire, commence aussi à inquiéter les agences de notation. Ce dernier augmente la possibilité que la perspective devienne négative sur la note AAA des Etats-Unis sur les deux prochaines années, indique Moody’s. Ces mesures pourraient faire passer le ratio de la dette sur le PIB à 72-73 % en 2011 contre 62 % en 2010.

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