Le marché français des CFD se cherche des standards de qualité

le 07/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon Gwénaël Moy, directeur d'IG Markets en France, les acteurs offshore non réglementés ternissent l'image de la branche hexagonale

En France, l’appétit pour le risque des investisseurs particuliers profite au britannique IG Markets qui a introduit fin 2007 les contracts for difference ou CFD – ces produits permettant de participer avec effet de levier aux variations d’actifs sous-jacents sans en être propriétaire. «Nous enregistrons en moyenne 170.000 ordres par mois (48% du marché) avec un pic en novembre à 213.000 ordres. Sur 10.000 comptes ouverts, 3.000 sont actifs», s’est félicité Gwénaël Moy, directeur de la branche française d’IG Markets vendredi lors d’une conférence à Londres au siège social du groupe.

Partenaire de Bourse Direct et Fortuneo en France, IG Markets, qui propose aussi un accès aux plates-formes alternatives (MTF), poursuit sur sa lancée avec l’annonce hier d’un partenariat avec Fortuneo en Belgique. Le groupe britannique, dont 98% des clients sont des particuliers et 2% des institutionnels, s’implantera début 2011 aux Pays-Bas et au Canada.

Mais le marché français pose problème. Alors que le polonais XTB et le britannique CMC Markets se sont implantés à Paris, la recrudescence de campagnes de publicité agressives sur internet sur le trading sur le change via notamment des CFD a amené le 1er décembre l’AMF, comme en mai 2009, à mettre en garde le public à l’égard de ces opérations risquées. Cette fois-ci l’autorité a montré du doigt BForex, GCI Financial, Nord Grop Investments et Ultimass Global Holding qui ne sont pas des prestataires de services, démarcheurs ou conseillers financiers autorisés à exercer en France.

IG Markets, dont 35% de l'activité se fait sur le change, hausse le ton. «Les acteurs offshore ternissent l’image du marché français. Leurs offres n’ont pas les standards de prospection et de déontologie requis. Ils ne respectent pas la fiscalité française et leurs régulateurs sont indifférents», précise Gwénaël Moy à L’Agefi. Ce dernier souhaite discuter de cette problématique avec l’AMF qui ne peut que contrôler les offres commerciales de prestataires agrémentés par le CECEI. Il s’attend dans une prochaine étape à ce que l’autorité publie une liste de sociétés plus exhaustive. A l'inverse, l’arrivée de CMC Markets, rival direct du groupe, donnera, aux yeux de Gwénaël Moy, plus de crédit aux CFD en tant qu’alternative au SRD.

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