Les émissions non financières resteront modérées en 2011

le 07/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les besoins des émetteurs seront plus limités. Dans un marché incertain, l’activité devrait être ponctuée par l’ouverture de fenêtres d’opportunités

En 2010, les émetteurs non financiers ont été bien moins actifs qu’attendu. Après une année record en 2009, où 251 milliards d'euros d’obligations nouvelles avaient été placés, les opérateurs s’attendaient à une poursuite de la désintermédiation qui profiterait au marché primaire obligataire. Mais les banques arrangent de nouveau des crédits syndiqués à des marges redevenues attractives et à des maturités pouvant être supérieures à cinq ans. De plus, les besoins des corporates sont limités, ces derniers détenant déjà des liquidités importantes qu’ils n’utilisent pas. Au total, un peu plus de 100 milliards d'euros d’obligations non financières investment grade devraient être émises sur le marché primaire cette année.

2011 ne devrait pas non plus être l’année du retour en force des émetteurs sur le marché primaire. «Les corporates vont conserver des niveaux de cash très élevés, et leurs investissements resteront probablement faibles», expliquent les professionnels du marché de la dette de Société Générale. Par ailleurs, la désintermédiation devrait continuer de ralentir après le point haut de 2009. Enfin, après la très faible activité en 2010, les fusions-acquisitions pourraient repartir mais ceci «ne devrait pas avoir d’effet significatif sur les volumes d’émissions au premier semestre 2011», ajoutent-ils. Les secteurs des médias, de la pharmacie et de la chimie, pourraient être les plus actifs en matière de M&A.

L’état des marchés financiers sera aussi déterminant. «Nous pourrions assister à un marché de fenêtres, comme en 2010, estime Karim Mezani, responsable de la syndication obligataire corporates et institutions financières chez Natixis. Dans ce contexte, nous avons peu de visibilité sur 2011. Nous attendons un volume d’émissions comparable à celui de 2010».

Le marché primaire du high yield devrait lui aussi rester stable, mais au niveau record de 2010, à savoir 40 milliards d'euros. «La recherche de rendement par les investisseurs devrait aider le secteur high yield à refinancer le mur de dettes qui arrivera à maturité entre 2012 et 2015», expliquent les analystes crédit de Société Générale. En 2011, «de nouveaux émetteurs, high yield ou non notés, pourraient encore venir sur ce secteur de marché, préférant le refinancement obligataire au refinancement bancaire pour être plus indépendants vis-à-vis des banques», ajoute Karim Mezani.

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