Le rôle de « réserve de valeur » de l'or revient à l'ordre du jour

le 16/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le métal jaune n’est pas seulement un actif « refuge » en cas de crise, mais joue un rôle clé de protection à long terme contre l’inflation

En mai dernier, nous avions montré à quel point la phase de déclin du pouvoir d’achat de l’or contre les principales devises mondiales, amorcé au début des années 80, avait laissé la place à un rattrapage sensible du métal jaune depuis le début de la décennie, ce rebond étant lié à la mise en place de politiques monétaires accommodantes ces dix dernières années.

La politique monétaire de la Fed a été très laxiste depuis 2008 et est appelée à le rester pour des années encore, avec un niveau de création monétaire bien plus massif qu’il ne l’avait été à la fin des années 1970 - lorsque les taux d’intérêt réels sont devenus négatifs pour une période prolongée. Compte tenu du nouveau programme de «quantitative easing» récemment annoncé - et de ceux qui pourraient bien suivre! - tout porte à croire que les tensions inflationnistes vont revenir en force au cours des prochaines années. Le résultat sera vraisemblablement une poursuite de la flambée des cours de l’or et de la plupart des autres matières premières.

Les deux graphiques ci-contre montrent à quel point le pouvoir d’achat du dollar n’a cessé de décliner depuis la création de la Réserve fédérale en 1913, compte tenu de l’impact de l’inflation. Au-delà de son caractère de «valeur refuge» en période de montée de l’aversion pour le risque - phénomène bien évident en 2008 et 2009 - l’or joue donc bien un rôle de réserve de valeur sur longue période et ce notamment par rapport au dollar, dont la valeur relative semble vouée à baisser contre la plupart des actifs. Alors qu’une banque centrale peut facilement accélérer la création monétaire, peu d’éléments peuvent avoir un réel impact sur l’offre de métal jaune, par définition limitée.

nuno.teixeira@schroders.com

 

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