Devises asiatiques : le yuan n’est pas le seul à être sous-évalué

le 09/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les « dragons asiatiques » comme la Corée ou Taiwan affichent également des taux de change proches de ceux atteints lors de la crise de 1997

A l’approche de la réunion du G20, le thème de la «guerre des changes» domine et les attentions se portent sur la Chine et la parité anormalement basse du yuan par rapport au dollar. Mais si la devise chinoise est très sous-évaluée, il en est de même pour bon nombre de devises asiatiques, à commencer par le won coréen et le dollar taiwanais.

Le graphique ci-contre montre le taux de change réel du dollar taiwanais depuis 1963 et révèle à quel point il est maintenu artificiellement sous-évalué par les autorités locales en dépit d’une accumulation impressionnante de réserves de change et d’actifs étrangers. Contre dollar, le dollar taiwanais se traite ainsi sur ses niveaux de septembre 1997… en pleine crise asiatique !

Or, si l’alignement des politiques monétaires asiatiques sur celle de la Fed pouvait se concevoir lorsque les cycles économiques étaient relativement en phase entre les Etats-Unis et le reste du monde, il est difficile d’imaginer que cet alignement puisse perdurer alors que l’économie américaine connaît une reprise anémique, tandis que l’Asie affiche des taux de croissance élevés. Les risques de tensions inflationnistes s’avéreront trop importants.

Les mesures sans précédent d'assouplissement quantitatif engagées par la Fed créent désormais des pressions insoutenables sur les «dragons asiatiques», qui cumulent des balances des paiements excédentaires et des flux d’investissements industriels et financiers importants. Si certains pays émergents (tels le Brésil ou la Thaïlande) essaient d’établir des mesures de contrôle des mouvements de capitaux pour empêcher l’appréciation de leur devise, il est fort à parier que ces digues seront bien dérisoires face à l’avalanche des dollars américains.

nuno.teixeira@schroders.com

 

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