La Norvège et la Suède tentent de limiter la hausse de leurs monnaies

le 29/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La tâche est délicate puisque l’accélération de la croissance plaide plutôt pour une hausse des taux

Les pays émergents ne sont pas les seuls à devoir composer avec une appréciation de leurs monnaies. Sur les quatre derniers mois, la couronne suédoise a gagné du terrain par rapport aux principales devises dans le monde, à l’exception du dollar australien. La couronne norvégienne a quant à elle progressé de 11% contre le billet vert sur la même période. Comme les exportations contribuent pour moitié aux revenus nationaux des deux pays scandinaves, une appréciation trop forte de leurs monnaies leur serait préjudiciable.

Dès lors, «le taux de change de la couronne suédoise est davantage pris en compte pour déterminer la politique monétaire», observent les économistes de Nordea. Le constat est le même en Norvège.

Mais les deux autorités monétaires scandinaves doivent aussi composer avec leurs économies domestiques et la situation internationale. L’équation n’est pas simple à équilibrer. Ainsi, en Suède, la hausse de la consommation des ménages et la bonne santé du marché du travail sont favorables à une accélération de la croissance et plaident pour une remontée des taux. Mais, parallèlement, «la reprise prendra du temps aux Etats-Unis et les mesures de consolidation fiscale dans plusieurs pays d’Europe y freinent la croissance», a expliqué la banque centrale à l’issue de sa réunion du 26 octobre. Par ailleurs, une hausse significative des taux risque d’entraîner un nouveau bond de la couronne suédoise. La Riksbank a donc choisi le compromis lors de son dernier rendez-vous. Elle a certes relevé son taux directeur de 25 points de base à 1%, mais elle a reporté ses prochaines actions restrictives. D’après les prévisions de la Riksbank, le taux de référence s’élèvera à 2% fin 2011, contre 2,4 % annoncé lors de la réunion de septembre.

La banque centrale de Norvège a quant à elle décidé mercredi de laisser son taux inchangé à 2%, un niveau déjà élevé par rapport à ceux pratiqués dans les économies développées. «Malgré de meilleures perspectives pour l’économie domestique, intégrées dans le dernier rapport de la Norges Bank, le ralentissement attendu de l’économie mondiale limitera toute accélération de la croissance», explique Gizem Kara, économiste chez BNP Paribas CIB. A fin 2011, le taux de référence devrait ressortir à 2,45% contre les 2,74% prévus lors de la réunion de juin dernier.

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