Le plan d’austérité irlandais pourrait être deux fois plus important que prévu

le 20/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec des perspectives de croissance revues à la baisse, l’Irlande devrait avoir à réaliser entre 11 et 15 milliards d’euros d’économies d'ici à 2014

L’addition s’alourdit pour les Irlandais. Alors que le gouvernement et l’opposition sont en négociations sur le futur plan budgétaire à appliquer d’ici 2014, les journaux irlandais font état de montants d’économies à réaliser pour atteindre les objectifs de Bruxelles, jusqu'à deux fois plus élevés que prévu. «Le plan du gouvernement prévoyait 7,5 milliards d'euros pour l'ajustement budgétaire.(…) Le niveau d'ajustement va être significativement plus élevé que cela», a déclaré hier à la presse Michael Noonan, porte-parole pour les finances du parti Fine Gael.

Un ajustement que l’Irish Times, évalue à 11 milliards d'euros tandis que l'Irish Independent évoque un montant de 15 milliards d'euros dans le scénario le plus noir. Dans ce deuxième cas, l’effort budgétaire serait ainsi deux fois plus important qu’initialement annoncé.

L'Irish Independent ajoute que le budget 2011 devra ainsi inclure un plan d'austérité s'élevant entre 4,5 et 7 milliards d'euros. L’Irish Times, quant à lui cite un chiffre de 5 milliards d’euros pour l’année prochaine. Des informations qui vont dans le sens des dernières déclarations du ministre des Finances, Brian Lenihan qui avait annoncé devoir trouver des économies «bien supérieures» aux 3 milliards d'euros initialement prévus dans le budget 2011. Reprenant des sources d’opposition irlandaise, les deux journaux expliquent que ce sont des révisions non officielles à la baisse des prévisions de croissance, qui justifient les nouveaux montants du plan d’austérité. Pour rappel, le PIB irlandais a reculé de 1,2% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent et les prix sont toujours en repli sur un an à la fin du mois de septembre.

Après l’explosion de son déficit budgétaire lié au sauvetage de son système bancaire qui a nécessité 50 milliards d’euros d’injection de liquidité, l’Irlande s’est donné quatre ans pour rentrer dans le rang européen. Un défi de taille pour son gouvernement qui a annoncé pour 2010 un déficit public de 32%, soit 11 fois le plafond maximum fixé par Bruxelles.

Dimanche dernier, l’Union européenne a exhorté l'Irlande à décider de mesures budgétaires sur la base d'un consensus politique afin que les marchés continuent de lui accorder leur crédit. Hier, les taux à 2 ans irlandais prenaient 14 points de base (pb). Sur 6 mois, ils ont gagné 154 pb, soit la hausse la plus forte en zone euro.

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