Pékin se laisse tenter par une hausse surprise des taux directeurs

le 20/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour la première fois depuis décembre 2007 la banque centrale chinoise relève le loyer de l’argent en décidant d’une hausse de 25 points de base

A compter d’aujourd’hui, le taux de dépôt à un an passera en Chine à 2,50% et celui des emprunts à un an à 5,56%, conformément à la décision annoncée hier par la banque centrale chinoise d’une augmentation de 25 points de base de ses taux directeurs. Une initiative de la PBOC qui a surpris l’ensemble des observateurs. La dernière augmentation des réserves obligatoires, appliquée aux principales banques du pays la semaine dernière, avait fini par convaincre que le statu quo sur les taux prévaudrait jusqu’à la fin de l’année.

Dans ces conditions, le chiffre de la croissance pour le troisième trimestre et celui du CPI de septembre, attendus jeudi, pourraient révéler la résurgence de pressions inflationnistes dans une économie plus vigoureuse que prévue.

Dès lundi, Jian Chang, économiste chez Barclays Capital, anticipait une surprise avec au troisième trimestre une croissance toujours robuste à +9,7% et un CPI en hausse à +3,8% après +3,5% en août.

Tim Condon, le patron de la recherche Asie chez ING, voit dans la décision de la PBOC un pas en avant important vers une normalisation de la politique monétaire chinoise et anticipe d’autres hausses des taux ainsi qu’un retour vers une appréciation tendancielle du yuan contre le dollar, avec un objectif de cours à 6,10.

La hausse des taux est intervenue quelques heures seulement après la clôture de la plénière annuelle 2010 du Parti communiste chinois, un rassemblement destiné à mettre au point le douzième plan quinquennal applicable dès janvier prochain. Dans leur communiqué final, les officiels insistaient sur la nécessité de «renforcer et d’améliorer les mesures de contrôle macroéconomique» afin de construire «une société modérément prospère». Nouveau venu dans la rhétorique du parti, le concept bienveillant de «croissance inclusive» s’est retrouvé à l’honneur durant les quatre jours de concertation.

En d’autres termes, le souci des autorités ne serait plus la croissance à tout prix mais bien la stabilité, surtout celle des prix et particulièrement ceux de l’immobilier. A cet égard, la hausse asymétrique intervenuehier sur les autres maturités, notamment entre les taux de dépôt et emprunt à deux ans, respectivement 46 et 20 points de base, traduit la volonté de Pékin de freiner les ardeurs des ménages qui transfèrent toujours plus d’épargne sur les marchés, avec le risque de formation de bulles.

A lire aussi