Les ETC s’attaquent aux métaux de base pour les répliquer en physique

le 20/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’objectif est d’éviter l’effet contango. Mais attention aux coûts des stocks engendrés par l’achat en direct des métaux industriels

L’or fait des envieux. ETF Securities a annoncé la semaine dernière qu'il lancerait rapidement des ETC (obligations avec réplication physique) sur les métaux de base. La ligne commerciale du fournisseur anglais est simple: le marché de l’investissement sur l’or a explosé ces deux dernières années atteignant aujourd’hui 120 milliards de dollars, les métaux de base peuvent faire de même.

Jusqu’ici, impossible d’acheter un seul sous-jacent. L’exposition aux métaux de base se faisaient à travers des ETP (exchange traded product) sur des indices, des contrats futures ou des swaps. «Cette nouvelle plate-forme doit fournir aux investisseurs l'exposition au métal industriel physique sans avoir à l’acheter et à le stocker directement», a expliqué Graham Tuckwell, PDG d’ETF Securities.

L’objectif de ces nouveaux ETC à réplication physique est d’éviter l’effet contango lié à l’utilisation de contrats à terme. En effet, dans le cas de contrats futures, lors du roulement des positions d'une maturité sur l'autre, l’investisseur peut avoir un surcoût lié à une courbe des prix à la hausse (effet contango). Avec une réplication physique, c’est le coût de la détention du métal en stock qui joue sur le prix. Le choix entre un ETC physique ou un contrat à terme dépend donc du pari fait entre le coût du stockage actuel et prix futur du sous-jacent. «Le succès de ces nouveaux fonds dépendra de la capacité des fournisseurs à réduire les coûts de stockage», explique Natixis. Or, ceux-ci sont supérieurs à ceux des métaux précieux vu les volumes en jeu.

Destiné plutôt à la clientèle privée, le succès de ces produits s’appuie par ailleurs sur un pari risqué, celui de connaître la même euphorie que l’or. Car si les investisseurs se ruent sur les métaux précieux face à la crise, il est moins évident qu’ils retrouvent dans les métaux industriels une valeur refuge. ETF Securities n’est cependant pas le seul à convoiter le marché. «Rusal cherche depuis déjà quelques temps à créer un fonds axé sur l’aluminium, tandis que Norilsk Nickel a indiqué qu’il fournirait volontiers du cuivre ou du zinc à de nouveaux fonds», poursuit Natixis.

La question de l’impact sur les prix de ce type de produit reste entière. Selon une étude de Deutsche Bank, si 2% de la demande annuelle globale en métaux industriels passait par des ETC, ces derniers hébergeraient alors 89% des stocks de plomb.

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