Profils gagnants

Un chercheur qui s’est trouvé

le 29/06/2017 L'AGEFI Hebdo

Grégory Schneider-Maunoury, responsable de l’ISR pour le Groupe Humanis

Adéquation des systèmes réglementaires et des stratégies d’entreprise dans la gestion des pollutions industrielles. » Sa thèse de doctorat en gestion soutenue en 1997, Grégory Schneider-Maunoury aurait pu poursuivre une carrière universitaire. Il devient analyste spécialisé dans l’investissement socialement responsable (ISR) au sein du cabinet Arese, racheté par Vigeo où il reste jusqu’en 2004. « L’agence de notation était une façon d’être dans l’analyse concrète », plaide-t-il. Il exerce ensuite son métier d’analyste ISR chez Dexia AM, à Bruxelles. L’expérience sera de courte durée (2005-2006) ; Grégory Schneider-Maunoury revient à Paris pour retrouver son épouse. Ces deux années lui auront permis de se « rapprocher de la décision d’investissement, souligne-t-il. Certes, c’est plus binaire – j’achète/je vends – mais plus pragmatique qu’un travail universitaire ».

Plutôt que de choisir entre l’une ou l’autre voie, Grégory Schneider-Maunoury poursuit encore les deux. Outre des rapports pour la puissance publique, il est aussi chargé de cours sur l’ISR : à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, puis à l’Institut Leonard de Vinci, ainsi qu’à Paris Tech et à l’IAE de Paris. Jusqu’à 30 heures par an depuis 2004. « Je n’ai jamais perdu mon goût pour l’enseignement et la recherche », confirme cet homme de 47 ans.

Et il mène aussi à bien son parcours professionnel. Après un passage de deux ans chez CM-CIC Securities, à partir de 2008, Grégory Schneider-Maunoury exerce comme responsable ISR du groupe Aprionis – devenu Humanis en 2012 : « Je suis revenu à la gestion d’actifs avec une démarche de structuration de l’asset management, une réflexion sur l’ISR et les besoins d’un ’asset owner’ », explique celui qui est devenu membre de la commissions du développement durable de la Sfaf (Société française des analystes financiers).

« Dès 2009, nous nous sommes engagés avec le Carbon Disclosure Project. Humanis est entré dans une démarche ESG. Nous nous sommes interrogés sur ce que peut concrètement faire un détenteur d’actifs », raconte-t-il. En 2013, Humanis fait son premier reporting PRI (Principes pour l’investissement responsable lancés par les Nations unies en 2006). En 2015, le groupe annonce ses engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique. « Humanis mesure son empreinte carbone, s’est fixé pour objectif de la réduire de 2 % par an sur son portefeuille actions et, en même temps, investit dans un fonds d’obligations vertes (170 millions d’euros), résume le responsable ISR. L’impact environnemental du fonds Humanis Gestion d’Actifs Obligations vertes est mesurable : 1.700 tonnes de carbone en moins, par million d’euros investi. Autant que le retrait de 1.275 véhicules de la circulation. »

Concret, le chercheur s’est trouvé. Il reste modeste. « Un responsable ISR a un rôle d’aiguillon », dit-il simplement.

Je n’ai jamais perdu mon goût pour l’enseignement et la recherche
Grégory Schneider-Maunoury, responsable de l’ISR pour le Groupe Humanis
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Grégory Schneider-Maunoury, responsable de l’ISR pour le Groupe Humanis

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