Profils gagnants

« Aligner les intérêts des investisseurs et ceux de la société »

le 29/06/2017 L'AGEFI Hebdo

Frédéric Samama, directeur adjoint de la clientèle institutionnelle et souveraine d’Amundi

Le directeur adjoint de la clientèle institutionnelle et souveraine d’Amundi, Frédéric Samama, est, depuis plusieurs années, de toutes les initiatives de place ou internationales sur la question du « low carbon ». En 2014, avec ses « complices » d’AP4 de l'Erafp et du FRR (Fonds de réserve pour les retraites), ils annoncent leur engagement dans la coalition pour la décarbonation des portefeuilles (Portfolio Decarbonization Coalition – Unep FI), à hauteur de 100 milliards de dollars. Le pari semble difficilement tenable. « Pourtant, sourit Frédéric Samama, au moment de la COP 21, fin 2015, nous en étions à 600 milliards. »

Sa conviction, tout comme son enthousiasme, sont inoxydables. Le déclic est venu d’un séjour aux Etats-Unis. « En 2009, personne ne s’intéressait aux investisseurs de long terme, et les Etats se méfiaient des fonds souverains. Je trouvais intéressant d’étudier la possibilité d’intégrer des critères climat et ESG et d'explorer des idées de contra-cyclicité dans leurs stratégies d’investissement. L’idée était de proposer une alternative à des gouvernements freinés par leur affaiblissement lié à la crise financière. Amundi a accepté de financer un centre de recherches, en collaboration avec Columbia University », explique-t-il.

En 2010, une conférence réunit des fonds souverains, des responsables politiques, des investisseurs et des chercheurs. « Tous ces gens-là ne se parlaient pas jusqu’alors », se souvient Frédéric Samama. George Soros, Al Gore et Joseph Stiglitz, pour ne citer qu’eux, sont sur la scène. Après cet événement, l’histoire s’accélère. Un dialogue se noue, il n’a pas cessé depuis. AP4 souhaite aller plus loin dans l’intégration de critères ESG, en leur ajoutant la dimension climat. En quelques mois, l’indice MSCI est conçu et lancé. « Avec cette gamme ’low carbon’, nous sommes parvenus à mobiliser les marchés financiers. Car nous avions une solution à l'obstacle premier qui était l'horizon de temps. Et en gérant les risques liés au climat, nous obtenons un alignement entre les intérêts des investisseurs et ceux de la société. »

Frédéric Samama se reconnaît un talent, sa capacité à concevoir des produits financiers innovants, et une motivation profonde, celle de contribuer au bien commun grâce à ces mêmes produits. Avant de devenir l’un des porte-parole « climat » les plus écoutés de la communauté financière, il a initié et orchestré en 1999, pour le compte de CA CIB, la première opération d’ouverture du capital aux salariés à dimension mondiale : « En 1998, seuls 2.000 salariés sur les 100.000 du groupe Suez détenaient des actions. L’opération a permis à 50.000 salariés de devenir actionnaires de leur groupe. » 

Frédéric Samama, directeur adjoint de la clientèle institutionnelle et souveraine d’Amundi
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Frédéric Samama, directeur adjoint de la clientèle institutionnelle et souveraine d’Amundi

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